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Quoi donc, dira-t-on, est-ce que les poètes ne font pas beaucoup de récits non moins fabuleux? Aux troupes confiées à Hérode, le texte d'Ant.

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Avec Platon , dont il fut le disciple à l' Académie , il est l'un des penseurs les plus influents que le monde ait connus. Il est aussi l'un des rares à avoir abordé presque tous les domaines de connaissance de son temps: Chez Aristote, la philosophie est comprise dans un sens plus large: La science comprend pour lui trois grands domaines: La science théorique constitue la meilleure utilisation que l'homme puisse faire de son temps libre.

La science pratique tournée vers l'action praxis est le domaine de la politique et de l'éthique. La science productive couvre le domaine de la technique et de la production de quelque chose d'extérieur à l'homme.

Entrent dans son champ l'agriculture, mais aussi la poésie, la rhétorique et, de façon générale, tout ce qui est fait par l'homme. La logique, quant à elle, n'est pas considérée par Aristote comme une science, mais comme l'instrument qui permet de faire progresser les sciences.

Exposée dans un ouvrage intitulé Organon , elle repose sur deux concepts centraux: La nature Physis tient une place importante dans la philosophie d'Aristote. Selon lui, les matières naturelles possèdent en elles-mêmes un principe de mouvement en telos echeïn. Par suite, la physique est consacrée à l'étude des mouvements naturels provoqués par les principes propres de la matière.

Au-delà, pour sa métaphysique, le dieu des philosophes est le premier moteur, celui qui met en mouvement le monde sans être lui-même mû. De même, tous les vivants ont une âme, mais celle-ci a diverses fonctions. Les plantes ont seulement une âme animée d'une fonction végétative, celle des animaux possède à la fois une fonction végétative et sensitive, celle des hommes est dotée en plus d'une fonction intellectuelle. La vertu éthique, selon Aristote, est en équilibre entre deux excès.

Ainsi, un homme courageux ne doit être ni téméraire, ni couard. Il en découle que l'éthique aristotélicienne est très marquée par les notions de mesure et de phronêsis en français sagesse. Son éthique, tout comme sa politique et son économie, est tournée vers la recherche du Bien. Aristote, dans ce domaine, a profondément influencé les penseurs des générations suivantes.

En lien avec son naturalisme, le Stagirite considère la cité comme une entité naturelle qui ne peut perdurer sans justice et sans amitié philia. À sa mort, sa pensée connaît plusieurs siècles d'oubli. Il faut attendre la fin de l'antiquité pour qu'il revienne au premier rang. À partir de sa redécouverte, la pensée d'Aristote influence fortement la philosophie et la théologie de l'Occident durant les quatre à cinq siècles suivants non sans créer des tensions avec la pensée d' Augustin d'Hippone.

Il s'ensuit un profond recul de la pensée aristotélicienne dans tout ce qui touche à la science. Sa logique, l'instrument de la science aristotélicienne, est également critiquée à la même époque par Francis Bacon. Il fut le précepteur d'Alexandre le Grand envers lequel il a transmis l'esprit critique et philosophique ainsi que le sentiment d'appartenance à l'hellénisme. D'après ses biographes, notamment Diogène Laërce , Aristote aurait été doté d'un certain humour et aurait soit bégayé, soit eu un cheveu sur la langue [ 5 ].

Physiquement, il est petit, trapu, avec des jambes grêles et de petits yeux enfoncés. Sa tenue vestimentaire est voyante et il n'hésite pas à porter des bijoux [ 5 ]. Son père, Nicomaque , est le médecin et ami du roi Amyntas III de Macédoine [ 1 ] , tandis que sa mère, Phéstias, originaire de l'île d' Eubée , est sage-femme. Orphelin de père à onze ans, il est élevé par son beau-frère, Proxène d'Atarné [ n 2 ] , en Mysie.

C'est à cette époque qu'il se lie d'amitié avec Hermias d'Atarnée , futur tyran de Mysie [ 8 ]. La famille d'Aristote prétend descendre de Machaon [ 1 ]. Cela n'empêchera pas Aristote de rejeter la théorie des Idées de Platon, en se justifiant: Formé et profondément influencé par les platoniciens, il ajoute: Durant la période où il enseigne à l'académie, Aristote suit la vie politique locale, mais sans pouvoir y participer du fait de son statut de métèque.

Aristote, dépité, part pour Atarnée avec son condisciple Xénocrate [ 15 ] , départ peut-être également lié à l'hostilité grandissante envers les Macédoniens. Peu de temps auparavant, le roi Philippe II a participé à des massacres à Olynthe , une ville amie des Athéniens. La Macédoine et Athènes ayant fait la paix en , il se dirige vers le petit port d' Assos où il poursuit ses recherches biologiques et commence à observer la faune marine.

Il y ouvre une école de philosophie inspirée par l'Académie [ 17 ]. Au bout de trois ans, il se rend à Mytilène , dans l'île voisine de Lesbos , où il ouvre une nouvelle école. En , à la demande du roi Philippe II , il devient le précepteur du prince héritier, le futur Alexandre le Grand , alors âgé de treize ans. Il lui enseigne les lettres [ 19 ] et sans doute la politique , durant deux ou trois ans. Lorsqu'Alexandre devient régent à l'âge de quinze ans, Aristote cesse d'être son précepteur, mais reste toutefois à la cour durant les cinq années suivantes.

Selon certains sources, Alexandre lui aurait fourni des animaux provenant de ses chasses et expéditions afin qu'il les étudie, ce qui lui aurait permis d'accumuler l'énorme documentation dont font preuve ses ouvrages de zoologie [ 20 ] , [ 21 ].

L' Éthique à Nicomaque , qui porte sur la vertu et la sagesse, porte une dédicacé soit à son père, soit à son fils qui s'appellent tous deux Nicomaque. Cependant, selon Ivan Gobry , le père d'Aristote était déjà mort quand celui-ci était petit, et son fils n'était pas encore né au moment de sa rédaction.

Aristote retourne à Athènes en av. Aristote fonde vers sa troisième école, le Lycée , sur un terrain loué Aristote est un métèque , il n'a donc pas le droit à la propriété [ n 4 ]. Le Lycée est situé sur un lieu de promenade peripatos , où le maître et les disciples philosophent en marchant [ 25 ] , [ 26 ]. Aristote donne deux types de cours: Aristote, quant à lui, habite dans les bois du mont Lycabette. En , Alexandre fait mettre à mort Callisthène d'Olynthe , le neveu d'Aristote, ce qui amène ce dernier à s'éloigner de son ancien élève [ n 5 ].

Il lui reproche d'avoir composé un Hymne à Hermias d'Atarnée [ n 6 ] , genre de poème uniquement réservé au culte des dieux. En , Aristote meurt à Chalcis , la ville de sa mère, dans l'île d'Eubée. Il est âgé de 62 ans [ 24 ]. Son corps est transféré à Stagire. Théophraste , son condisciple et ami, lui succède à la tête du Lycée. À l'époque de Théophraste et de son successeur, Straton de Lampsaque , le Lycée connaît un déclin jusqu'à la chute d'Athènes en L'école est refondée au premier siècle par Andronicos de Rhodes et connaît un fort rayonnement durant le deuxième siècle jusqu'à ce que les Goths et les Hérules saccagent Athènes en [ 30 ].

La démarche d'Aristote est à l'opposé de celle de Descartes. Alors que le philosophe français entame sa réflexion philosophique par un doute méthodologique, Aristote soutient au contraire que nos capacités de perception et de cognition nous mettent en contact avec les caractéristiques et les divisions du monde, ce qui n'exige donc pas un scepticisme constant [ 31 ].

Pour Aristote, les apparences phainomena en grec , les choses étranges que perçues, conduisent à penser notre place dans l'univers et à philosopher [ 31 ]. Une fois la pensée mise en éveil, il préconise de rechercher les opinions des gens sérieux endoxa vient de endoxos mot désignant en grec un homme notable de haute réputation [ 32 ].

Il ne s'agit pas de prendre ces opinions crédibles comme des vérités, mais de tester leur capacité à rendre compte de la réalité [ 33 ]. À cette époque, la philosophie est donc, pour lui, désir de savoir [ 34 ]. La philosophie cherche in fine le bien des êtres humains. La philosophie pense la totalité. La science ou, pour reprendre le mot d'Aristote, l' épistémè , traite des champs particuliers du savoir physique, mathématique, biologie etc. Aristote distingue cinq vertus intellectuelles: La technè est souvent traduite par art ou technique, alors que l' épistèmè se traduit par connaissance ou science.

Toutefois, l' épistèmè ne correspond pas à la notion de science moderne car elle n'inclut pas l'expérimentation. Alors que l' épistèmè est la science des vérités éternelles, la technè l'art, la technique est consacrée au contingent et traite de ce que l'homme crée.

La médecine relève à la fois de l' épistèmè , car elle étudie la santé humaine, et de la technè , car il faut soigner un malade, produire de la santé [ 38 ]. La science utilise la démonstration comme instrument de recherche. Démontrer, c'est montrer la nécessité interne qui gouverne les choses, c'est en même temps établir une vérité par un syllogisme fondé sur des prémisses assurées.

Toutefois, dans la pratique, le mode de démonstration des différentes sciences diffère selon la spécificité de leur objet [ 39 ]. La logique vise à établir à un haut niveau d'abstraction les normes d'inférences relations de cause à effet qui doivent être suivies par quelqu'un cherchant la vérité et d'éviter les inférences fallacieuses.

Elle constitue la meilleure utilisation que l'homme puisse faire de son temps libre skholè , durant lequel, détaché de ses préoccupations matérielles, il peut se consacrer à la contemplation désintéressée du vrai [ 42 ]. C'est la raison pour laquelle certains spécialistes d'Aristote, comme Fred Miller , préfèrent parler de sciences contemplatives plutôt que théoriques.

Il y a autant de divisions de la science théorique qu'il y a d'objets d'étude, c'est-à-dire de champs différents de réalité genres, espèces, etc.

La physique témoigne d'abord d'une volonté de comprendre l'univers comme un tout. Elle vise davantage à résoudre des énigmes conceptuelles qu'à procéder à des recherches empiriques.

Elle recherche également les causes en général ainsi que la cause première et dernière de tout mouvement en particulier [ 43 ]. La philosophie naturelle d'Aristote ne se limite pas à la physique proprement dite. Elle inclut la biologie, la botanique, l'astronomie et peut-être la psychologie [ n 7 ]. L'action praxis , par opposition à la production poïesis , est, selon Aristote, l'activité dont la fin est immanente au sujet de l'activité l'agent , par opposition à la production, activité dont la fin l'objet produit est extérieure au sujet de l'activité.

Les sciences pratiques touchent à l'action humaine, aux choix à faire [ 41 ]. Elles comprennent la politique et l'éthique [ 43 ]. La science pratique praxis relève de la raison pratique phronesis. Il s'agit du savoir-faire ou de la technique, qui consiste en une disposition acquise par l'usage, ayant pour but la production d'un objet qui n'a pas son principe en lui-même, mais dans l'agent qui le produit par opposition à une production naturelle [ 41 ]. La technè étant au service d'une production, elle est du domaine de l'utilité et de l'agrément, elle vise toujours le particulier et le singulier L'agriculture, la construction de bateaux, la médecine, la musique, le théâtre, la danse, la rhétorique [ 43 ] ressortent de la science productive.

Cette façon de voir présente, selon lui, deux inconvénients majeurs: Pour Aristote, l'essence ou la forme eïdos morphè ne peut exister qu'incarnée dans une matière hulé. Mais, en procédant ainsi, il se trouve confronté au problème de l'universel. En effet, pour Platon, cette question ne se pose pas puisque l'universel appartient au domaine des idées.

Le livre I, appelé Catégories , est consacré à la définition des mots et des termes. Les spécialistes le désignent généralement sous son appellation latine De Interpretatione. Le livre IV, appelé Seconds Analytiques , est consacré aux syllogismes dont les résultats sont le fruit de la nécessité ex anankês sumbanein , c'est-à-dire sont les conséquences logiques de la prémisse protasis [ 45 ].

Le livre VI, appelé Réfutations sophistiques , est considéré comme une section finale ou comme un appendice du livre V [ 45 ]. Au Livre II De Interpretatione , certains chapitres sont particulièrement importants, tel le chapitre 7 d'où dérive le carré logique [ n 8 ] ainsi que le chapitre 11 qui est à l'origine de la logique modale. Dans les Premiers Analytiques , Aristote cherche à définir une méthode destinée à permettre une compréhension scientifique du monde.

Le but est d'atteindre des vérités universelles du sujet en lui-même en partant de sa nature. Dans les Seconds Analytiques , il aborde la façon dont il faut procéder pour atteindre ces vérités. Pour cela, il faut d'abord connaître le fait, puis la raison pour laquelle ce fait existe, puis, les conséquences du fait, et les caractéristiques du fait [ 48 ]. Le syllogisme repose sur deux prémisses , une majeure et une mineure, desquelles on peut tirer une conclusion nécessaire.

Un syllogisme scientifique doit pouvoir identifier la cause d'un phénomène, son pourquoi [ 50 ]. Ce mode de raisonnement pose la question de la régression à l'infini qui survient, par exemple, quand un enfant nous demande pourquoi telle chose fonctionne comme cela, et qu'une fois la réponse donnée, il nous interroge sur le pourquoi de la prémisse de notre réponse.

Pour Aristote, il est possible de mettre fin à cette régression à l'infini en tenant certains faits venant de l'expérience induction ou venant d'une intuition comme assez certains pour servir de base aux raisonnements scientifiques.

Toutefois, pour lui, la nécessité de tels axiomes doit pouvoir être expliquée à ceux qui les contesteraient [ 51 ]. Il veut signifier par là qu'une définition n'est pas purement verbale, mais traduit l'être profond d'une chose, ce que les latins ont traduit par le mot essentia essence [ 52 ].

Il se pose alors l'une des questions centrales de la métaphysique aristotélicienne, qu'est-ce qu'une essence? Pour lui, seules les espèces eidos ont des essences. L'essence n'est donc pas propre à un individu mais à une espèce qu'il définit par son genre genos et sa différence diaphora. Le problème de la définition pose celui du concept de prédicat essentiel. Pour qu'une prédication soit essentielle, il ne suffit pas qu'elle soit vraie, il faut aussi qu'elle apporte une précision.

Tel est le cas quand on déclare que Bucéphale est un cheval [ 52 ]. Le mot catégorie dérive du grec katêgoria qui signifie prédicat ou attribut. Les dix catégories peuvent être interprétées de trois façons différentes: En ce sens, elle est au centre de la méthode philosophique comme en témoignent les nombreux dialogues platoniciens.

Pour Aristote, au contraire, la dialectique n'est pas très scientifique, puisque son argumentation est seulement plausible. Par ailleurs, il tient les divisions de la chose étudiée comme subjectives et pouvant induire ce que l'on veut démontrer [ 56 ]. Malgré tout, pour lui, la dialectique est utile pour tester certaines opinions crédibles endoxa , pour ouvrir la voie à des principes premiers ou pour se confronter à d'autres penseurs [ 41 ] , [ 57 ].

D'une façon générale, le Stagirite assigne trois fonctions à la dialectique: Aristote et Platon reprochent aux sophistes d'utiliser le verbe, la parole, à des fins mondaines, sans chercher la sagesse et la vérité, deux notions proches chez eux. Dans son livre Réfutations sophistiques , Aristote va jusqu'à les accuser de recourir à des paralogismes , c'est-à-dire à des raisonnements faux et parfois volontairement trompeurs [ 59 ]. Aristote aborde la psychologie dans deux ouvrages, le De l'âme , qui aborde la question d'un point de vue abstraite et le Parva Naturalia [ 60 ].

La conception aristotélicienne de la psychologie est profondément différente de celle des modernes [ 60 ]. Pour lui, la psychologie est la science qui étudie l'âme et ses propriétés. Aristote aborde la psychologie avec une certaine perplexité tant sur la manière de procéder à l'analyse des faits psychologiques, que sur le fait de savoir s'il s'agit d'une science naturelle. Un corps est une matière qui possède la vie en puissance.

Il n'acquiert la vie réelle qu'à travers l'âme qui lui donne sa structure, son souffle de vie. Selon Aristote, l'âme n'est pas séparée du corps pendant la vie. Elle l'est seulement quand la mort survient et que le corps ne se meut plus [ 62 ]. Aristote conçoit l'être vivant comme un corps animé empsucha sômata , c'est-à-dire doté d'une âme — qui se dit anima en latin et psuchè en grec [ 63 ].

Sans l'âme, le corps n'est pas animé, pas vivant. Aristote écrit à ce propos: Selon lui, l'âme est aussi l'essence ou la forme eïdos morphè des êtres vivants. Elle est le principe dynamique qui les meut et les guide vers leurs fins propres, qui les pousse à réaliser leurs potentialités [ 67 ].

Comme tous les êtres vivants ont une âme, il s'ensuit que les animaux et les plantes entrent dans le champ de la psychologie.

Toutefois, tous les êtres vivants n'ont pas la même âme ou, plutôt, les âmes ne possèdent pas toutes les mêmes fonctions. À chacune des trois fonctions de l'âme correspond une faculté. L'esprit se situe à un niveau de généralité plus élevé que la perception et peut atteindre la structure abstraite de ce qui est étudié. À ces trois fonctions, Aristote ajoute le désir, qui permet de comprendre pourquoi un être animé engage une action en vue d'un but.

Il suppose, par exemple, que l'homme désire comprendre [ 69 ]. La science de la biologie est née de la rencontre sur l'île de Lesbos entre Aristote et Théophraste. Le premier oriente ses études vers les animaux et le second vers les plantes [ 46 ]. Dans Parties des animaux , il revient sur certaines affirmations antérieures et les corrige.

Le troisième ouvrage, Génération des animaux [ 75 ] , est le plus tardif, car il est annoncé dans le précédent comme devant le compléter. Il porte exclusivement sur la description des organes sexuels et leur rôle dans la reproduction, tant chez les vertébrés que les invertébrés. Une partie porte sur l'étude du lait et du sperme, ainsi que sur la différenciation des sexes. À ces trois ouvrages majeurs s'ajoutent des livres plus brefs traitant d'un sujet particulier, tels Du Mouvement des animaux ou Marche des animaux.

Ce dernier livre illustre la méthode de l'auteur: Dans Parties des animaux , composé vers , Aristote commence par établir des éléments de méthode.

Une telle téléologie permet à Aristote de voir dans les données qu'il observe une expression de leur forme. De même, voyant que les ruminants ont plusieurs estomacs et de mauvaises dents, il en déduit que l'un compense l'autre et que la nature procède à des sortes de compensations [ 79 ]. Aristote aborde la biologie en scientifique et cherche à dégager des régularités.

Il note à ce propos: Simplement, leur essence ou forme n'agit pas de la façon qu'il faudrait. Pour lui, l'étude du vivant est plus complexe que celle de l'inanimé. En effet, l'être vivant est un tout organisé dont on ne peut pas détacher sans problème une partie, comme dans le cas d'une pierre. D'où la nécessité de le considérer comme un tout holon et non comme une totalité informe. D'où, également, la nécessité de n'étudier la partie qu'en se rapportant à l'ensemble organisé dont elle est le membre [ 81 ].

Parfois, cependant, le désir d'accumuler le plus de renseignements possible l'amène à retenir sans les examiner des affirmations inexactes:. En dépit de ces failles dues à des généralisations hâtives, surtout dans Histoire des animaux , Aristote émet souvent des doutes envers des affirmations soutenues par ses devanciers, refusant par exemple de croire à l'existence de serpents à corne ou d'un animal qui aurait trois rangées de dents. Il critique volontiers des croyances naïves et leur oppose des observations précises et personnelles d'une grande justesse [ 83 ].

Tout indique que les ouvrages de biologie étaient accompagnés de plusieurs livres de Planches anatomiques établies à la suite de dissections minutieusement effectuées, mais malheureusement disparues.

Les observations relatives à l'embryogenèse sont particulièrement remarquables: Il a ainsi observé des embryons de poussins à divers stades de leur développement, après une couvée de trois jours, de dix jours ou de vingt jours —synthétisant des observations qui ont été nombreuses et continues [ 88 ]. Aristote s'est efforcé de classifier les animaux de façon cohérente, tout en utilisant le langage courant. Il pose comme distinctions de base le genre et l' espèce , distinguant les animaux à sang vertébrés et les animaux non sanguins ou invertébrés il ne connait pas les invertébrés complexes possédant certains types d' hémoglobine.

Les animaux sanguins sont d'abord divisés en quatre grands groupes: Puis il élargit ce dernier groupe pour y inclure les cétacés, le phoque, les singes et, dans une certaine mesure, l'homme, constituant ainsi la grande classe des mammifères [ 90 ].

De même, il distingue quatre genres d'invertébrés: Loin d'être rigides, ces groupes présentent des caractères communs du fait qu'ils participent d'un même ordre ou d'un même embranchement.

En tant que naturaliste, Aristote ne souffre pas de la comparaison avec Cuvier [ 92 ]:. Par surcroît, et comme sans effort, de grandes hypothèses sont suggérées: Aristote pense que les créatures sont classées suivant une échelle de perfection allant des plantes à l'homme [ 94 ] , [ 95 ]. Son système comporte onze degrés de perfection classés en fonction de leur potentialité à la naissance. Pour Aristote, son objet est l'étude des êtres inanimés et de leurs composants terre, feu, eau, air, éther.

Cette science ne vise pas comme aujourd'hui à transformer la nature. Au contraire elle cherche à la contempler [ 98 ]. Selon Aristote, les êtres naturels, quels qu'ils soient pierre, vivants, etc.

La nature, selon Aristote, possède un principe interne de mouvement et de repos [ 99 ]. La forme, l'essence des êtres, détermine la fin, de sorte que, pour le Stagirite, la nature est à la fois cause motrice et fin Part, an. Il établit également une distinction entre les êtres naturels, qui ont ce principe en eux-mêmes, et les êtres artificiels, créés par l'homme et qui ne sont soumis à un mouvement naturel que par la matière qui les compose, de sorte que pour lui: Par ailleurs, dans la pensée d'Aristote, la nature est dotée d'un principe d'économie, ce qu'il traduit par son célèbre précepte: Le succin n'est pourtant pas sans quelque usage en médecine; mais ce n'est pas pour cette raison qu'il plaît aux femmes.

Porté en amulette, il est utile aux enfants. D'après Callistrate, il est bon à tout âge contre la folie et la dysurie, soit en breuvage, soit en amulette. Cet auteur a créé une nouvelle variété, appelant chrysélectrum un succin qui est de couleur d'or, et qui offre le matin les nuances les plus aimables. Ce succin attire très rapidement la flamme, et s'il est près du feu, il s'allume promptement.

Enfin le succin est d'un grand usage pour imiter les pierreries qui sont transparentes, particulièrement les améthystes; car, comme nous venons de le dire, on le vint en toutes couleurs.

Pour moi, je regarde tout ce détail comme une fable, et je pense que de notre temps il n'a jamais été question de pareille pierre. Que dire alors des vertus médicinales du lyncurium, à savoir que pris en boisson il fait sortir les calculs de la vessie, et que bu dans du vin, ou même porté en amulette, il guérit l'ictère?

Et nous ne nous bornerons pas à cela; mais, pour être plut utile au monde, nous réfuterons en passant les indignes mensonges des mages, car c'est surtout au sujet des pierres précieuses qu'ils ont débité leurs fables et dépassé tous les prodiges, par la séduisante apparence des remèdes tirés de ces substances.

Pendant longtemps cette pierre n'a été connue que des rois et même de très peu de rois, ne se trouvant que dans les mines d'or, et fort rarement. On la nommait nodosité de l'or, et on pensait qu'elle accompagnait toujours ce métal, et ne naissait qu'avec lui. Les anciens ont cru que le diamant ne se trouvait que dans les mines d'Éthiopie, entre le temple de Mercure et l'île de Méroé ; et Ils ont dit qu'il n'était jamais plus gros qu'une graine de concombre, ou qu'il n'avait plus la couleur.

Le diamant Indien prend naissance non dans les mines d'or, mais dans une substance assez semblable au cristal. De fait, comme le cristal, il est transparent, à six pans unis, et se termine en pointe, formé qu'il est, chose merveilleuse, de deux parties opposées, comme si on avait réuni par leur base deux cônes.

Quant à la grosseur, elle est celle d'une amande d'aveline Le diamant d'Arabie ressemble à celui de l'Inde; seulement il est plus petit; il se forme de la même façon. Les autres diamants ont la pâleur de l'argent, et ils ne naissent qu'au milieu de l'or le plus parfait.

En effet, la dureté en est incroyable: On donne le nom de cenchros à une espèce de diamant qui est de la grosseur du millet. On nomme macédonien le diamant qui se trouve dans les mines d'or de Philippe ; celui-là égale la grosseur d'une graine de concombre.

Vient en-suite le diamant de Chypre, qu'on rencontre dans cette île; il tire sur la couleur du cuivre, et il est quant aux vertus médicinales, dont nous parlerons, le plus efficace de tous. Aussi, pour le dire brièvement, ce sont des bâtards qui n'ont du diamant que le nom. Au reste, ce phénomène que nous avons essayé d'enseigner dans tout le cours de celte histoire, touchant les affinités et les répugnances des choses, ou, en grec, les antipathies et les sympathies, ne se manifestent nulle part plus clairement.

En effet, cette force invincible qui méprise les deux agents naturels les plus violents, le fer et le feu, cède au sang de bouc; mais il faut employer ce sang récent et chaud, y faire tremper le diamant, en outre frapper force coups; et même alors se brisent les enclumes et les marteaux de fer, s'ils ne sont des meilleurs.

Une telle invention, sans doute, est toute due à la bonté des dieux; et nulle part il ne faut chercher les raisons de la nature, Il faut chercher seulement sa volonté. Lorsqu'on réussit à casser le diamant, il se brise en fragments si petits, qu'on les aperçoit à peine ; ils sont recherchés par les graveurs, qui les enchâssent dans du fer, et, par ce moyen, entament aisément les substances les plus dures. Le diamant, de plus, neutralise les poisons, dissipe les troubles d'esprit, chasse les vaines terreurs; ce qui lui a fait donner par quelques-uns le nom d'ananchite sans-cauchemar.

Métrodore de Serpsis, seul à ma connaissance, dit qu'on trouve du diamant dans la Germanie et dans l'île Basile, qui produisent du succin; et ce diamant, il le préfère à celui d'Arabie; mais qui pourrait douter de la fausseté de ce récit? Le troisième est attribué aux émeraudes pour plusieurs raisons. De plus, vues de loin, les émeraudes paraissent plus grosses, communiquant à l'air ambiant une teinte verte.

Ni le soleil, ni l'ombre, ni les lumières, rien ne les change; elles ont toujours un éclat modéré; elles laissent pénétrer le regard, transmettant facilement, pour leur épaisseur, la lumière, ce qui nous plaît même dans l'eau. Le plus souvent les émeraudes sont concaves, pour réunir les rayons lumineux.

Aussi y a-t-il une convention qui les protège: Au reste, la dureté des émeraudes de Scythie et d'Égypte est telle, qu'il ne serait pas possible de les entamer. Quant aux émeraudes plates, elles renvoient les images à la façon des miroirs.

L'empereur Néron regardait avec une émeraude les combats des gladiateurs. Les plus renommées sont les scythiques, ainsi appelées du pays où on les trouve.

Nulle n'a une cou-leur plus foncée et moins de défauts; et autant les émeraudes l'emportent sur le reste des pierres, autant l'émeraude de Scythie l'emporte sur les autres espèces. Les émeraudes bactriennes, voisines par le lieu de la provenance, le sont aussi par le rang.

Elles se recueillent, dit-on, dans les fissures des rochers, lorsque soufflent les vents étésiens. Alors elles reluisent, mises à découvert sur le sol par l'action de ces vents, qui agitent beaucoup les sables. Mais on as-sure qu'elles sont bien plus petites que celles de Scythie. Au troisième rang est l'émeraude d'Égypte qu'on extrait des rochers, dans des collines aux environs de Coptos, ville de la Thébaïde.

De là vient que le premier rang parmi ces dernières appartient aux émeraudes de Chypre. Le mérite de celles-ci consiste dans une nuance claire qui n'a rien de faible, mais qui a quelque chose d'humide et de gras, et dans une transparence qui imite celle de la mer.

De la sorte elles sont à la fois diaphanes et luisantes, c'est-à-dire qu'elles réfléchissent la lumière et laissent pénétrer la vue. On raconte que dans l'île de Chypre, sur le tombeau d'un petit roi nommé Hernias, auprès des pêcheries, était un lion de marbre avec des yeux en émeraude. L'éclat qui en sortait pénétrait si avant dans la mer, que les thons épouvantés s'enfuyaient.

Les pêcheurs s'étonnèrent longtemps de cette fuite nouvelle du poisson; à la fin ils mirent au lion d'autres yeux. Il y a, il est vrai, des défauts communs à toutes; mais d'autres, comme les défauts dans l'espèce humaine, sont propres à certaines provenances. Ainsi les émeraudes de Chypre ne sont pas d'un vert uniforme; dans la même émeraude des parties sont plus ou moins vertes, et la pierre ne pré sente pas partout cette nuance foncée et irréprochable de l'émeraude de Scythie.

D'autres sont parsemées d'ombres qui en ternissent la couleur, et cet aspect terne est condamné, même quand la nuance en est claire. Les défauts font distinguer les émeraudes en diverses sortes. Quelques-unes sont obscures, et on les nomme aveugles: Voila les défauts dans la couleur, voici les défauts dans la substance: Après les espèces citées on vante les émeraudes d'Éthiopie, qui se trouvent, suivant Juba, à trois journées de marche de Coptos.

Elles sont d'un vert vif, mais il s'en rencontre peu qui soient nettes et d'une couleur uniforme. Démocrite met dans cette classe les émeraudes hermiéennes et celles de Perse. Suivant lui, les premières sont convexes et rebondies ; les secondes n'ont pas de transparence, mais la nuance uniforme en est agréable; elle satisfait la vue sans la laisser pénétrer, et ces émeraudes ressemblent aux yeux des chats et des panthères, qui brillent sans être transparents; au soleil elles perdent de leur lustre; elles reluisent a l'ombre, et l'éclat s'en fait voir plus loin que celui des autres.

Le vice de toutes ces émeraudes, c'est d'avoir une couleur de fiel ou d'huile verte. Au soleil elles sont, il est vrai, claires et limpides, mais elles ne sont pas vertes.

On les trouve dans les mines d'argent, en un lieu nommé Thoricos IV, 11, 2. Elles sont toujours moins grasses et sont plus belles de loin que de près.

Elles ont souvent le plomb, c'est-à-dire qu'au soleil elles ont une apparence plombée. Une particularité remarquable, c'est que quelques-unes vieillissent, perdent peu à peu la couleur verte, et s'altèrent au soleil.

Elles sont ondées et représentent des objets naturels, par exemple des pavots, des oiseaux, des nageoires, des cheveux et choses semblables. Celles qui ne sont pas d'abord entièrement vertes deviennent plus belles par le moyen du vin et de l'huile; il n'y en a pas de plus grosses. Au reste, ces émeraudes ont toujours été très petites et de très peu de valeur. Fragiles, d'une couleur incertaine elles ressemblaient aux plume vertes de la queue des paons et du cou des pigeons. Plus ou moins brillantes suivant l'angle sous lequel on les regardait, elles offraient des veines et des écailles.

Un défaut leur était particulier: La montagne, proche Chalcédoine, qui les fournissait, est appelée Smaragditès. D'après Juba une émeraude qu'on nomme cholas sert en Arabie à l'ornement des édifices, ainsi que la pierre nommée par les Égyptiens alabastrite. D'après le même auteur, les montagnes les plus voisines, par exemple le mont Taygète, en fournissent de semblables à celles de la Médie; on en trouve aussi en Sicile.

Elle vient de la Perse: On joint aussi aux émeraudes le calchosmaragdos de Chypre, troublé par des veines cuivrées. Au rapport de Théophraste, les livres égyptiens racontent qu'un roi de Babylone envoya au roi d'Égypte, en présent, une émeraude longue de quatre coudées, et large de trois. Le même auteur dit qu'en Égypte, dans un temple de Jupiter, était un obélisque fait de quatre émeraudes, lequel avait quarante coudées de hauteur, et de largeur quatre coudées à une extrémité et deux de l'autre;.

Apion, surnommé Plistonicès, a laissé depuis peu par écrit qu'il y avait, encore de son temps, dans le labyrinthe d'Égypte, un Sérapis colossal fait d'une émeraude, et haut de neuf coudées. L'Inde le produit, et on en trouve rarement ailleurs. Les lapidaires taillent tous les bérils en figure hexagone, parce que la nuance, qui en est terne dans sa muette uniformité, s'anime du reflet produit par les angles.

Taillés autre ment, ils n'ont pas d'éclat. Les plus estimés sont ceux qui imitent le vert d'une mer calme. Au second rang sont les chrysobérils; un peu plus pâles, l'éclat qu'ils jettent tire sur la couleur de l'or. Au quatrième rang sont les bérils tirant sur l'hyacinthe; au cinquième, les bérils nommée aéroïdes couleur de ciel ; au sixième, les bérils couleur de cire; au septième, les bérils oléagineux, c'est-à-dire couleur d'huile; au dernier, ceux qui ressemblent presque au cristal.

Ceux-ci ont des filaments et des taches, et ils perdent insensiblement de leur éclat, défauts du reste qu'on rencontre dans toutes les espèces de pierres. Les Indiens aiment singulièrement les bérils longs, et disent que c'est la seule pierre qui veuille être portée sans or; à cet effet, après les avoir percés, ils les enfilent avec des crins d'éléphant.

Ils s'accordent pour ne pas perforer ceux qui sont absolument sans défaut, et se contentent d'en enchâsser les extrémités dans de petites bossettes d'or. Quelques-uns pensent que les bérils sont naturellement anguleux; que percés ils deviennent plus agréables, parce qu'ainsi on ôte le blanc qu'ils ont au dedans, et que l'or dont on les garnit en ce cas en relève l'éclat, ou simplement parce qu'en en diminuant l'épaisseur on en augmente la transparence.

Outre les défauts ci-dessus énumérés XXXVII, 18 , les bérils sont sujets à peu près aux mêmes imperfections que les émeraudes, et de plus à des taches en forme d'ongle. On pense qu'il se trouve parfois des bérils dans le monde romain, aux environs du Pont-Euxin.

Les Indiens, en colorant le cristal, ont trouvé moyen d'imiter diverses pierres précieuses, et surtout le béril. C'est aussi l'Inde seule qui en est la mère. Formées de ce qui fait le mérite des pierreries les plus précieuses, elles ont offert à la description des difficultés infinies; car en elles se trouve le feu subtil de l'escarboucle, l'éclat purpurin de l'améthyste, le vert de mer de l'émeraude; et toutes ces teintes y brillent, merveilleusement fondues.

Parmi les auteurs, les uns ont comparé l'effet général des opales à l'arménium XXXV, 28 , couleur employée par les peintres; les autres, à la flamme du soufre qui brûle, ou à celle d'un feu sur lequel on jette de l'huile. Il se trouve des opales de la grosseur d'une aveline, et il y a parmi nous à ce sujet une anecdote mémorable. LIII s'indignait de voir assis sur la chaise curule, et aïeul de Servilius Nonianus que nous avons vu consul. Ce Nonius proscrit fuyait, n'emportant de tout son bien que son anneau, estimé, cela est sûr, 2 millions de sesterces Singulière cruauté, singulière passion du luxe chez Antoine, qui proscrivait pour une pierre précieuse; et non moins singulière obstination chez Nonius, qui s'éprenait de la cause de sa proscription, tandis qu'on voit les brutes même s'arracher les parties du corps VIII, 47 pour lesquelles elles se savent en péril.

Il n'est pas de pierre que les Indiens imitent mieux ; ils emploient le verre coloré, et c'est à s'y méprendre. On ne reconnaît la tromperie qu'au soleil: Il est des auteurs qui du paedéros font une espèce particulière, appelée, disent-ils, par les Indiens sangénon.

On assure que des paedéros se trouvent aussi en Égypte, en Arabie, dans le Pont ceux-ci sont les moins estimés , en Galatie, à Thasos et en Chypre. Cette pierre a la beauté de l'opale, mais l'éclat en est moins vif, et il est rare qu'elle ne soit pas raboteuse. La nuance en est de bleu de ciel et de pourpre; le vert de l'émeraude y manque.

On préfère celles dont l'éclat est assombri par une couleur vineuse, à celles qui tirent sur le clair de l'eau. Il y a moins de certitude sur celles dont le jugement appartient aussi aux hommes. En effet, le prix de chaque pierre dépend du caprice de chacun, et surtout de la rivalité, comme, par exemple, quand l'empereur Claude portait des émeraudes et des sardoines.

Le premier Romain qui ait porté une sardoine est Scipion l'Africain l'Ancien, comme le dit l'historien Démostrate; depuis lors cette pierre est en grande estime chez les Romains; aussi en parlerons-nous immédiatement après les opales. Jadis la sardoine sardonychès , comme le nom l'indique, était caractérisée par une partie blanche reposant sur la sarde comme l'oncle humain repose sur la chair, cette partie et la sarde étant toutes deux transparentes.

Les deux derniers nomment sardoines aveugles toutes celles qui ne sont pas diaphanes. Celles qui aujourd'hui ont pris ce nom n'offrent aucune trace de la sarde, et tiennent de l'Inde ou de l'Arabie; et on s'est mis à caractériser les sardoines par diverses couleurs, savoir: Chez eux le peuple les perce et les porte, mais seulement en collier; c'est à quoi l'on connaît aujourd'hui les sardoines de l'Inde.

Les sardoines d'Arabie sont remarquables par un cercle d'une blancheur éclatante, et assez large, qui brille dans les endroits creusés de la pierre, ni sur les pans, mais dans les points saillants mêmes, soutenu qu'il est par un fond très noir. Ce fond, dans les sardoines indiennes, est couleur de cire ou de corne, avec un cercle blanc aussi. La surface est plus rouge que le têt d'une langouste. On rejette les sardoines qui ont les défauts dits miel ou lie de vin; on rejette aussi celles dont le cercle blanc s'étend, et n'est pas nettement arrêté, ou bien est coupé irrégulière-ment par quelque autre couleur.

En effet, on n'aime pas qu'une interposition étrangère vienne déranger la régularité de quoi que ce soit. Il v a aussi des sardoines d'Arménie, estimées, sauf que le cercle en est pâle. Ce nom, attribué à un marbre de Carmanie, est devenu celui d'une pierre. Sudinès dit que l'onyx-pierrerie a une portion blanche semblable à un ongle humain, et de plus les couleurs de la chrysolithe, de la sarde et du jaspe.

Sotacus parle d'un onyx d'Arabie différent des autres: Satyrus du qu'il y a des onyx de l'Inde charnus, tenant en partie de l'escarboucle, en partie de la chrysolithe et de l'améthyste; il rejette toutes ces variétés. Suivant lui, le véritable onyx a des veines nombreuses et variées, avec des zones laiteuses; toutes ces nuances, qui passent de l'une à l'autre, donnant une teinte qu'on ne peut décrire, et se fondant en un ensemble harmonieux et d'un aspect charmant.

Ne différons pas non plus l'histoire de la sarde, dont le nom entre dans celui de la sardoine; mais préalable-ment traitons des pierres couleur de feu. On en distingue deux espèces: On y joint l'éthiopique et l'alabandique; celle-ci se trouve prés d'Orthosie V, 29, 6 , ville de Carie, mais on la taille à Alabanda. De plus, chaque espèce se subdivise en escarboucles mâles, d'un éclat plus vif, et en escarboucles femelles, d'un éclat plus faible.

Parmi les escarboucles mâles, on en voit aussi qui ont un feu plus clair; d'autres l'ont plus sombre; d'autres brillent par une lumière étrangère, et au soleil sont plus étincelantes que les autres.

Partout où on les trouve, c'est par la réverbération du soleil. Satyrys dit que les escarboucles de l'Inde ne sont pas nettes; qu'elles sont presque toujours sales, et toujours d'un éclat étiolé; que les éthiopiques sont grasses, ne projettent ni ne répandent de lumière, mais brillent d'un feu concentré. D'après Callistrate, l'éclat d'une escarboucle posée à terre doit être blanc, avec un nuage aux extrémités, et rouge comme du feu quand on la tient en l'air; d'où le nom d'escarboucle blanche qu'on trouve dans beaucoup d'auteurs.

D'après Archélaüs, les escarboucles carthaginoises sont d'un aspect plus sombre; mais exposées à la lumière du feu ou du soleil, et présentées obliquement, elles rayonnent plus que les autres; à l'ombre, dans les maisons, elles paraissent pourpres; en plein air, couleur de flamme; aux rayons du soleil, scintillantes; quand on cachette avec ces escarboucles, la cire se fond, même à l'ombre.

Plusieurs auteurs ont écrit que les escarboucles indiennes sont plus blanches que les carthaginoises, et que, au contraire de celles-ci, l'éclat en diminue quand on les incline; qu'en outre, dans les escarboucles mâles de Carthage, à l'intérieur, brillent des points lumineux comme des étoiles, tandis que les femelles jettent au de hors tout leur éclat;. Les environs de Milet et la Thrace en fournissent de même couleur que les alabandiques, et que le feu n'altère aucunement.

D'après Théophraste De Iapid. Bocchus a écrit qu'on en trouvait de fossiles dans le territoire d'Olisipon, et qu'on les extrayait avec grand labeur, le terrain étant argileux et brûlé par le soleil.

On contrefait parfaitement les escarboucles avec le verre, mais on reconnaît la tromperie avec la pierre à aiguiser, comme pour toutes les pierreries artificielles. En effet, les pierres artificielles sont plus tendres, fragiles, ont à l'intérieur une sorte de limaille, et sont moins pesantes. Quelquefois aussi elles offrent de petites bulles qui brillent comme l'argent. Ceux qui ont écrit qu'on en rencontrait aussi dans la Ligurie se sont trompés, je pense, à moins qu'il n'y en eût peut-être de leur temps.

On dit qu'il en est d'entourées d'une veine blanche, et dont la couleur est de feu comme celle des pierres décrites plus haut. On en trouve dans l'Inde en un lieu nommé Sandarésus; on en trouve aussi dans l'Arabie méridionale. Ce qui le recommande surtout, c'est qu'un feu intérieur, pour ainsi dire placé derrière une substance transparente, brille d'étoiles qui semblent des gouttes d'or: De plus, des idées religieuses sont attachées à cette pierre, à cause du rapport qu'elle a avec les astres: On dit même que ceux de l'Inde font mal à la vue.

Le feu des sandarésus femelles est plus doux, brillant plutôt que flamboyant. Il en est qui préfèrent le sandarésus de l'Arabie à celui de l'Inde, et qui le disent ressemblant à une chrysolithe enfumée. Isménias prétend que le sandarésus est trop tendre pour être poli, et qu'à cause de cela il se vend cher; des auteurs le nomment sandarica. Le point sur lequel tous sont d'accord, c'est que plus le nombre des étoiles y est grand, plus cette pierre a de prix.

Quelques-uns, qui conservent son nom au sandarésus, appellent le sandasel sandastron; suivant eux, on trouve le sandastron aussi dans l'Inde; il porte le nom de la localité qui le fournit; il a la couleur de la pomme ou de l'huile verte, et personne n'en fait cas.

Elle se trouve aux environs d'Orthosie, dans toute la Carie et dans les localités voisines; mais la plus estimée vient de l'Inde. Quelques-uns ont nommé escarboucle moins vive la lychnis qui est au second rang, et qui ressemble aux fleurs dites de Jupiter; XXI, 33, 1, et 39, 1. On distingue aussi d'autres variétés: Je trouve aussi que cette pierre, échauffée par le soleil ou par le frottement des doigts, attire les pailles et les filaments de papier.

On la trouve chez les Nasamons, dans les montagnes; elle pro-vient, suivant les habitants, d'une pluie divine. On la découvre au clair de lune, surtout quand l'astre est dans son plein. Carthage en était jadis le dépôt. Archelaüs dit qu'il en vient aussi en Égypte, aux environs de Thèbes, et qu'elles sont fragiles, veinées, et semblables à des charbons qui s'éteignent. Je trouve dans les auteurs qu'autrefois ou employait cette pierre et la lychnitis à faire des vases à boire.

Au reste, toutes les pierres ardentes opposent une résistance extrême à la gravure, et, servant de cachet, emportent une partie de la cire. Cette pierre est commune. On dit que cette production fossile s'est épuisée en Perse; mais plusieurs autres lieux en fournissent, par exemple Paros et Assos. L'Inde a trois espèces de sardes: On en trouve aussi autour de Leucade d'Épire et en Égypte, qu'on garnit en dessous de feuilles d'or.

Parmi ces sardes, les mâles ont un éclat plus vif; celui des femelles est plus faible et plus mat. Anciennement aucune pierre n'était plus en usage: De toutes les pierres transparentes, c'est celle qui, mouillée, se ternit le plus lentement; mais de tous les liquides l'huile agit le plus sur elles. On fait peu de cas des sardes couleur de miel, et encore moins des sardes couleur de poterie. Juba prétend que l'île Topaze VI, 34, 1 est dans la mer Rouge, à un jour de navigation du continent; que, entourée de brouillards et souvent cherchée par les navigateurs, elle a pris de cette circonstance le nom qu'elle porte; qu'en effet topazin signifie chercher, en langue trogolyte;.

Ils en distinguent deux espèces, la prasside et la chrysoptère, qui ressemble à la chrysoprase; en effet, toutes les topazes tirent sur la couleur du suc de porreau. La topaze est la plus grosse des pierres précieuses; c'est la seule aussi qui cède a l'action de la lime. La topaze s'use même à porter.

Elle se trouve en arrière de l'Inde, chez les Phycares, habitants du Caucase, chez les Saces et les Dahes. Elle est d'une grosseur remarquable, mais pleine de trous et de saletés. Celle de Carmanie est beaucoup plus nette et plus belle. Dans les deux contrées, elle se rencontre sur des rochers inaccessibles et glacés; elle y fait saillie comme un oeil, et n'y tient que faiblement, paraissant plutôt apposée qui adhérente à la roche. Des hommes habitués au cheval et mauvais piétons ne se soucient pas de gravir jusque-là; d'ailleurs le danger les effraye.

C'est le tribut qu'ils payent, c'est l'ornement qu'ils se plaisent le plus à porter au cou et aux doigts; c'est leur fortune, c'est leur gloire; et ils se vantent de toutes les pierres qu'ils ont abattues depuis leur enfance. Mais en cela le succès est variable: Telle est la chasse de la callaïs. La taille donne la forme à en pierres; du reste, elles se cassent aisément. L'or dans lequel on les enchâsse les relève, et il n'est pas de pierre à laquelle ce métal aille mieux.

Les plus belles callaïs perdent leur couleur si on laisse tomber dessus de l'huile, des essences ou du vin pur; les moins belles la conservent mieux. Il n'est point de pierre plus aisée à contrefaire à l'aide du verre. Des auteurs disent qu'on en trouve en Arabie, dans le nid de l'oiseau nommé mélancoryphe. La prase appartient aux pierres communes.

De la prase ordinaire se distingue une seconde espèce marquée de points sanguinolents. A toutes ces espèces on préfère la chrysoprase, qui, elle aussi, a la couleur du suc de poireau, mais dont la nuance va un peu de la topaze à l'or: Celui-ci a un éclat terne, fugace, et, quand on y fixe les yeux, trompeur. Sudinès dit qu'on en trouve aussi dans le Syvérus, rivière de l'Attique. La couleur en est celle d'une topaze enfumée, ou quelquefois d'une topaze couleur de miel.

D'après Juba, l'Éthiopie en produit sur les rives du fleuve que nous nommons Nil ; et de là viendrait le nom qu'il porte. Elle est bonne pour faire des cachets; et elle est douée d'une vertu médicale naturelle qui la rend propre à préserver les enfants des dangers qui les menacent. On la trouve en Arabie.

Plusieurs contrées produisent le jaspe: Le jaspe est bleu sur les rives du Thermodon; pourpre en Phrygie; d'un pourpre bleu, triste et sans rayonnement, en Cappadoce.

Celui de Chalcédoine est trouble. Mais il vaut mieux distinguer les qualités que les provenances. Le premier est celui qui a quelque chose de la pourpre ; le second, de la rose ; le troisième, de l'émeraude. Les Grecs ont donné à chacune de ces espèces des noms appropriés. Le quatrième est nommé par eux Borée; il ressemble au matin d'un jour d'automne, et c'est celui qu'on nomme aérizuse. On trouve aussi un jaspe qui ressemble à la sarde, et un autre qui imite la couleur de la violette.

Les autres espèces ne sont pas moins nombreuses, mais toutes sont ou trop bleues, ou semblables au cristal, ou ayant la couleur des sébestes XV, Les plus belles de ces pierres se portent dans un chaton ouvert, dont l'or n'embrasse que les bords de la pierre. On regarde comme des défauts un éclat de peu de durée, un éclat visible de loin, le grain de sel, et toutes les défectuosités communes aux autres pierres XXXVII, On fait de faux jaspes avec du verre; on les reconnaît à ce qu'ils jettent leurs feux au loin, au lieu de les concentrer en eux-mêmes.

La pierre appelée sphragis ne diffère pas du jaspe; elle n'appartient au domaine commun des pierreries que parce qu'elle est très bonne pour faire des cachets IX. Parmi les Jaspes, la variété qui ressemble à l'émeraude est souvent coupée transversalement au milieu par une ligne blanche: Je ne manquerai pas de signaler en passant les mensonges des mages, qui prétendent que celte pierre est avantageuse à ceux qui ont des harangues à faire.

Il y a le jaspe joint a l'onyx, et nomme jasponyx. Il y a le jaspe qui tient comme des nuages, et qui imite les flocons de neige; le jaspe étoilé, à points rutilants ; le jaspe semblable au sel de Mégare XXXI, 41, 3 , et le jaspe comme en fumé qu'on nomme capnias.

Nous avons vu un jaspe de quinze pouces de long, dont on fit une effigie de Néron portant cuirasse. Le plus beau est le cyanos de Scythie, puis celui de Chypre, enfin celui d'Égypte. On l'imite très bien avec le verre coloré ; et cette intention, due à un roi d'Égypte, a été, à sa gloire, consignée dans les livres.

Le cyanos se divise aussi en mâle et en femelle. Quelquefois il est parsemé d'une poussière dorée, mais autrement que le saphir. C'était un Lacédémonien, appelé Euryclès [] , que le désir immodéré du gain introduisit par malheur dans le royaume, car la Grèce ne suffisait pas à ses besoins de luxe. Il circonvint donc le roi par ses flatteries, ses discours habiles et les éloges mensongers qu'il faisait de lui.

Aussi fut-il bientôt accueilli comme un ami éprouvé, et Alexandre le mit aussi en rapport avec son frère Aristobule. Prenant tour à tour tous les visages, il s'insinuait de façons diverses auprès de chacun: Au premier il faisait honte de négliger, lui l'aîné, les intrigues de ceux qui complotaient contre ses espérances, à Alexandre, de laisser, lui fils et époux d'une princesse royale, succéder au trône un fils de bourgeoise, alors surtout qu'il avait en Archélaüs un si solide appui.

Le jeune prince, trompé par la liaison fictive d'Euryclès avec Archélaüs, croyait trouver en lui un conseiller digue de confiance.

Euryclès feignit de s'apitoyer et de partager sa douleur. Ses ruses arrachèrent à Aristobule des confidences semblables. Largement payé pour ces rapports, il s'empressa d'aller chanter la louange d'Antipater auprès de son père. Finalement, se chargeant de l'entreprise de faire mourir Aristobule et Alexandre, il vint les accuser auprès d'Hérode.

Admis en sa présence, il déclara qu'il venait lui apporter la vie pour prix de ses bienfaits, la lumière du jour en échange de son hospitalité. A en croire Alexandre, non content d'avoir régné sur un peuple auquel tu étais étranger, et, après le meurtre de leur mère, morcelé l'héritage de cette princesse, tu as désigné encore pour successeur un bâtard et livré [] à ce fléau d'Antipater le royaume qu'ils tenaient de leurs aïeux.

Chaque jour multiplie ses motifs d'irritation, puisqu'aucun propos sorti de sa bouche n'échappe à la calomnie. Fait-il l'éloge de son père? S'il frappe, il trouvera des protecteurs puissants: On ne le verra pas, comme naguère, comparaître tout tremblant devant l'empereur, par crainte de son père présent à l'entretien, ni répondre seulement sur les crimes dont on l'accuse: Le roi, mal remis de ses précédentes émotions, entra dans une colère implacable.

Antipater, saisissant à son tour l'occasion, envoya contre ses frères d'autres accusateurs, qui affirmaient que les princes avaient de secrets entretiens avec Jucundus et Tyrannus, naguère hipparques [] dans l'armée du roi, mais qui, à la suite de quelques fautes, avaient dû quitter leurs charges.

Cette nouvelle porta à son comble l'indignation d'Hérode, et il fit aussitôt mettre ces deux hommes à la torture. Ils n'avouèrent aucun de leurs prétendus crimes [] , mais on produisit une lettre d'Alexandre adressée au gouverneur d'Alexandrion, l'invitant à les recevoir dans la place lui et son frère Aristobule, quand ils auraient tué leur père, et à les fournir d'armes et d'autres ressources.

Quant au gouverneur, à qui on appliqua la torture, Hérode n'obtint de lui aucun aveu sur les faits allégués. Celui-ci, devançant les nouvelles exactes de ses exploits, courut alors en Cappadoce, où il extorqua encore de l'argent à Archélaüs, en osant lui raconter qu'il avait réconcilié Hérode avec Alexandre.

De là, il partit pour la Grèce, où il employa l'argent mal acquis à des entreprises non moins mauvaises. Deux fois accusé devant César de troubler la province d'Achaïe et de dépouiller les villes, il dut s'exiler. Il n'est pas sans intérêt d'opposer à la conduite de ce Spartiate celle d'Euaratos de Cos. Cependant ce témoignage ne fut d'aucun secours aux infortunés, car Hérode ne prêtait une oreille facile qu'aux médisances et n'accordait sa faveur qu'à ceux qui partageaient sa crédulité et son indignation.

Les princes aux fers. Auguste donne carte blanche à Hérode. Affaires du soldat Tiron et du barbier Tryphon. Aristobule, dont elle était la belle-mère et la tante, voulant l'associer à leurs périls, lui manda avec insistance de veiller à son propre salut, car le roi, disait-il, méditait de la faire mourir, sous l'accusation déjà précédemment dirigée contre elle: Ce fut là le dernier coup de vent qui acheva de submerger les jeunes princes, battus par la tempête.

Salomé courut chez le roi et lui dénonça l'avis qu'elle avait reçu. Alors Hérode, sa patience à bout, fit mettre aux fers ses deux fils, les isola l'un de l'autre et envoya en hâte auprès d'Auguste le tribun [] Volumnius et Olympos, un de ses amis, porteurs d'un réquisitoire écrit contre les princes. Il répondît donc à Hérode qu'il était le maître, que, cependant, il ferait bien d'examiner ce complot avec le conseil commun de ses propres parents et des administrateurs romains de la province: Il se transporta à Beryte, lieu que César lui avait désigné, et il y réunit le tribunal.

Quant à ses fils, Hérode ne les fit pas comparaître: Ils furent donc retenus sous bonne garde au bourg de Platané, dans le territoire de Sidon. Ensuite, personne ne contredisant, il fondit en gémissements, comme un homme qui se condamnait lui-même et qui remportait sur ses enfants une douloureuse victoire, puis il demanda l'avis de chacun. Saturninus opina le premier: Ses deux légats [] votèrent dans le même sens, et quelques autres les suivirent.

Ce fut Volumnius qui inaugura la sentence impitoyable: Dès lors, toute la Syrie et la Judée furent dans des transes, attendant le dénouement du drame: Lui, cependant, traîna ses fils jusqu'à Tyr, et, passant par mer à Césarée, chercha là de quelle façon il les exécuterait.

Dans l'excès de son indignation, il perdit la raison. D'abord, courant çà et là, il s'écriait que le droit était foulé aux pieds, la vérité morte, la nature confondue, le monde rempli d'iniquité, et autres discours que la douleur suggérait à un homme indifférent a la vie. Enfin il se présenta devant le roi et lui tînt ce langage: Ce disant, Tiron nommait les mécontents. Là-dessus le roi les fit arrêter aussitôt, mais aussi Tiron et son fils. En entendant ces mots, Hérode ordonne de soumettre à la question Tiron, son fils et le barbier, et comme les premiers niaient tout et que le barbier n'ajoutait rien à son témoignage, il commanda de torturer Tiron plus sévèrement encore.

Alors, pris de pitié, le fils offrit au roi de tout raconter s'il voulait épargner son père. Il envoya ensuite ses fils à Sébasté, ville peu éloignée de Césarée, et ordonna de les y étrangler. Telle fut la fin d'Alexandre et d'Aristobule [].

Mariages de Salomé, de ses filles et des filles de Mariamme. Il se sentait, en outre, envahi par une crainte démesurée quand il voyait grandir les enfants de ses victimes. Il gagna aussi Phéroras par des présents et d'autres attentions, et les amis de César en envoyant à Rome des sommes considérables. En particulier, tout l'entourage de Saturninus, en Syrie, fut comblé de ses libéralités.

Cependant, plus il donnait, plus on le haïssait, car on sentait que ses largesses ne venaient pas de sa générosité, mais de la crainte. Ceux qui recevaient n'en étaient pas plus bienveillants, ceux qu'il négligeait devenaient des ennemis plus implacables.

Cependant il accroissait encore l'éclat de ses distributions, en voyant le roi, au mépris de ses espérances, prendre soin des orphelins et témoigner ses remords du meurtre de ses fils par les marques de pitié qu'il prodiguait à leurs enfants. Si j'ai été le plus infortuné des pères, j'essaierai du moins de me montrer un aïeul plus tendre, et je veux leur laisser pour guides, après moi, ceux qui me sont le plus chers.

Il considérait encore la haine du peuple pour lui-même, sa pitié pour les orphelins, le zèle que les Juifs avaient témoigné à ses frères vivants, le souvenir qu'ils leur gardaient maintenant qu'ils étaient morts sous ses coups: Il le conjura donc, puisqu'il avait dans son palais une nombreuse descendance, de modifier ces mariages.

Le roi eut, en effet, neuf épouses [] , qui lui donnèrent sept enfants: Deux autres de ses femmes n'eurent pas d'enfants: Vu le grand nombre de ces enfants, Antipater demandait de changer l'ordre des mariages. Phéroras refuse de divorcer.

Antipater se fait envoyer à Rome. Exil et mort de Phéroras. Il se produisit aussi à la cour une conjuration de femmes, qui suscita de nouveaux troubles. Seule, Salomé s'opposa résolument à cette ligue et la dénonça au roi comme une association contraire à ses intérêts. Quand les femmes apprirent cette dénonciation et la colère d'Hérode, elles cessèrent de se réunir ouvertement et de se montrer une affection mutuelle: Mais elles continuèrent à tenir des conciliabules secrets et des festins nocturnes, et la surveillance dont elles étaient l'objet resserrait leur accord.

Cependant Salomé n'ignorait aucun détail de cette conduite et rapportait tout à Hérode. Il convoqua donc une réunion de ses amis et parents et accusa cette créature d'une foule de méfaits, entre autres d'avoir insulté les filles du roi, fourni des subsides aux Pharisiens contre lui [] , aliéné son frère en l'ensorcelant par un breuvage. Comme conclusion, il interpella Phéroras, l'invitant à choisir entre deux partis: Phéroras répondit qu'il renoncerait plutôt à la vie qu'à sa femme. Hérode, ne sachant que faire, se retourna vers Antipater et lui défendit d'avoir désormais aucun commerce avec la femme de Phéroras, ni avec Phéroras lui-même, ni avec personne de leur coterie.

Antipater se conforma ostensiblement à cet ordre, mais en secret et de nuit il continua à voir cette société. Craignant toutefois l'espionnage de Salomé, il prépara, de concert avec ses amis d'Italie, un voyage à Rome. Ceux-ci écrivirent au roi qu'il fallait bientôt envoyer Antipater auprès de César: Hérode le fit partir incontinent avec une suite brillante, lui confiant une somme d'argent considérable et un testament où le roi déclarait Antipater son successeur et lui donnait comme successeur à lui-même Hérode, né de Mariamme, fille du grand-prêtre [].

Il avait aussi une grave contestation avec Arétas, son propre souverain, car il avait mis à mort nombre d'amis de ce prince, et, entre autres, Sohémos, un des plus puissants personnages de Pétra [].

Il sut gagner à gros prix Fabatus, intendant de César [] , et trouva en lui un auxiliaire, même contre Hérode. Cependant Hérode fit à Fabatus des dons encore plus considérables, le détacha ainsi de Sylléos et, par son ministère, tâcha de faire rentrer l'amende infligée à Sylléos par Auguste. Mais Sylléos ne voulut rien payer: Il le fit arrêter aussitôt et avec lui deux autres Arabes qu'il avait trouvés à ses côtés, l'un ami de Sylléos, l'autre chef de tribu.

Mis à la torture, ces hommes avouèrent que Corinthos les avait engagés, par de fortes sommes, à tuer Hérode. Ils furent examinés encore par Saturninus, gouverneur de Syrie, et envoyés à Rome.

Phéroras, acceptant patiemment cette avanie, se retira dans sa tétrarchie, jurant que le seul terme de son exil serait la mort d'Hérode et que jamais, du vivant de celui-ci, il ne retournerait auprès de lui. Cependant le roi guérit contre tout espoir, et, peu après, Phéroras tombait malade. Hérode, moins entêté que son frère, vint le trouver et lui prodigua des soins affectueux. Mais il ne put triompher du mal, et Phéroras mourut au bout de quelques jours. Malgré l'affection qu'Hérode eut pour lui jusqu'à la fin, le bruit se répandit qu'il l'avait, lui aussi, empoisonné.

Il fit transporter le corps à Jérusalem, ordonna un grand deuil à tout le peuple et l'honora des funérailles les plus pompeuses []. Hérode découvre que Phéroras a été empoisonné par Sylléos. Révélations des femmes de Phéroras touchant Antipater. Bientôt l'auteur principal de ce crime, Antipater, tomba à son tour, par une conséquence lointaine de la mort de Phéroras. Une de ces dernières s'écria au milieu des douleurs: La femme dévoila alors l'amitié de la mère d'Antipater pour Phéroras et les dames de sa famille, leurs rencontres clandestines: D'autre part Hérode fit torturer séparément toutes ces esclaves.

Si même Hérode se décidait à mourir - et quand cela serait-il? Son père ne lui avait-il pas ravi même l'espérance qu'il avait fondée sur ses enfants? Ne lui avait-il pas assigné pour héritier, non pas un de ses propres fils, mais Hérode, le fils de Mariamme II? Ce père, le plus dénaturé qui fut jamais, haïssait encore plus son frère que ses enfants. L'autre jour encore, il avait donné à Antipater cent talents pour ne plus s'entretenir avec Phéroras: Voyons-nous donc maintenant en secret: Quant aux femmes de Phéroras, une fois torturées, il se réconcilia avec elles et leur prodigua ses soins.

Mais tremblant de frayeur et s'enflammant au moindre soupçon, il faisait traîner à la question nombre d'innocents, dans sa crainte que quelque coupable ne lui échappât. Le roi envoya chercher cette femme et lui commanda d'apporter sur-le-champ ce qu'on lui avait confié. Quand tu étais assis en pleurant auprès de Phéroras mourant, il m'appela pour me dire: Le roi punit sur le fils l'audace de la mère: Hérode, qu'il avait donné pour successeur à Antipater, fut rayé de son testament.

Ce personnage arriva avec un second poison, composé de venin d'aspic et des sécrétions d'autres serpents, dont Phéroras et sa femme devaient s'armer contre le roi, si le premier manquait son effet. Par un surcroît de perfidie contre Hérode, Antipater avait remis à cet homme des lettres astucieusement rédigées contre ses frères, Archélaüs et Philippe.

Ces fils du roi, qu'il faisait élever à Rome, étaient déjà des adolescents pleins de hautes pensées. Pendant son séjour à Rome, comme il avait dû payer très grassement ceux qui écrivaient contre ses frères, il se préoccupa de dépister les recherches qu'on pourrait en faire.

A cet effet, il acheta de riches vêtements, des tapis variés, de la vaisselle d'argent et d'or et beaucoup d'autres objets précieux, afin de pouvoir dissimuler, dans l'énorme total de ces dépenses, le salaire payé pour l'autre affaire. Il consigna une dépense totale de deux cents talents, dont le plus fort était mis au compte de son procès avec Sylléos.

Toutes ces fourberies, même les moindres, furent alors découvertes en même temps que son grand forfait. Tant était forte la haine que tous lui portaient! Peut-être y en eut-il qui avaient l'intention de lui apprendre ces nouvelles, mais les mânes de ses frères, tués par lui, leur fermèrent la bouche.

Il écrivit donc de Rome, annonçant avec joie son prochain départ et les honneurs que César lui faisait en le congédiant. S'il faisait diligence, disait Hérode, il pourrait faire oublier les griefs qu'on avait contre sa mère, car Antipater n'ignorait pas que celle-ci eût été répudiée. Précédemment Antipater avait reçu à Tarente la lettre lui annonçant la mort de Phéroras, il avait donné de très grandes marques de deuil. Puis la peur le prenait au souvenir de ses machinations: Il reçut en Cilicie le message de son père dont nous venons de parler et hâta aussitôt son voyage.

Cependant, en débarquant à Celenderis [] , la pensée lui vint de la disgrâce de sa mère, et son âme eut une vision prophétique de sa propre destinée. Les plus prévoyants de ses amis lui conseillèrent de ne pas aller retrouver son père avant de savoir clairement les raisons pour lesquelles Hérode avait chassé sa mère: Persuadé par ces discours ou plutôt poussé par sa destinée, Antipater continua sa route et débarqua au port d'Auguste, à Césarée.

De plus, la crainte du roi intimidait grand nombre de gens, toutes les villes étaient remplies de rumeurs annonçant une disgrâce qu'Antipater était seul a ignorer: Cependant Antipater, devinant les tragédies qui s'étaient déroulées au palais, dissimulait encore par une habileté scélérate.

D'ailleurs, il n'y avait plus moyen de fuir, d'échapper aux dangers qui l'entouraient. Même alors, il ne reçut aucune nouvelle certaine de ce qui se passait au palais, tant les menaces du roi jetaient l'épouvante ; et il gardait encore un rayon d'espoir: A l'intérieur se trouvait Varus, gouverneur de Syrie [] , Antipater entra chez son père et, payant d'audace, s'approcha de lui pour l'embrasser. Mais le roi, tendant les bras pour l'écarter et détournant la tête: Sois maudite, tête sacrilège ; n'ose pas me toucher avant de t'être disculpé.

Je t'accorde un tribunal et, pour juge, Varus, qui vient ici fort à propos. Le prince, stupéfait, se retira sans pouvoir rien répondre, puis sa mère et sa femme [] vinrent le trouver et lui rapportèrent en détail toutes les preuves rassemblées contre lui.

Alors il se recueillit et prépara sa défense. Découverte du faux Antipater contre Salomé. Quand ceux-ci et les autres eurent été introduits, Antipater entra et tomba prosterné aux pieds de son père: Mais je crains que ma destinée ne vous semble aussi digne de haine et que vous ne me jugiez digne de tous les malheurs pour avoir engendré de tels fils. Plaignez-moi plutôt d'avoir été un père tendre envers de pareils misérables. Ceux que précédemment j'avais tout jeunes désignés pour le trône, que j'avais fait élever a grands frais à Rome, introduits dans l'amitié de César, rendus pour les autres rois un objet d'envie, j'ai trouvé en eux des traîtres.

Leur mort a surtout servi les intérêts d'Antipater: C'est ainsi qu'il me récompensait de l'avoir rappelé de la campagne où il était relégué, d'avoir écarté les fils nés d'une reine, pour l'appeler à ma succession! Je confesse, Varus, ma propre démence. Ces fils, je les ai excités contre moi en retranchant, dans l'intérêt d'Antipater, leurs justes espérances.

Quand leur ai-je jamais fait autant de bien qu'à celui-ci? Et quel crime les autres ont-ils commis comparable à celui d'Antipater? Quelle preuve fut portée contre eux aussi décisive que celle qui établit sa trahison? Pourtant le parricide ose parler, il espère, une fois de plus, étouffer la vérité sous ses mensonges!

Quand je me rappelle, Varus, dans chaque circonstance, sa fourberie et son hypocrisie, je doute de ma propre existence et m'étonne d'avoir pu échapper à un traître aussi profond. Alors Antipater, qui jusque-là était resté prosterné aux pieds de son père, releva la tête et s'écria: Comment serais-je parricide, moi qui, de ton aveu, t'ai toujours servi de gardien?

Tu appelles artifice et feinte ma piété filiale. Comment donc moi, si rusé en toute occasion, aurais-je été assez insensé pour ne pas comprendre qu'il était difficile de dissimuler aux hommes mêmes la préparation d'un pareil forfait et impossible de le cacher au Juge céleste, qui voit tout, qui est présent partout? Est-ce que, par hasard, j'ignorais la fin de mes frères, que Dieu a si durement punis de leur perfidie envers toi?

Et puis, quel motif aurait pu m'exciter contre toi? Le soupçon de ta haine? Avais-je quelque autre raison de craindre? En admettant que je fusse né le plus scélérat de tous les hommes et que j'eusse l'âme d'une bête féroce, n'aurais-je pas été, mon père apprivoisé par tes bienfaits?

O le funeste voyage, cause de mon malheur! Mais ce voyage, je l'ai entrepris dans ton intérêt, mon père, pour soutenir ton procès et empêcher Sylléos de mépriser ta vieillesse. Prends, mon père, cette lettre de lui. Elle mérite plus de créance que les calomnies qu'on répand ici: Et toi, mon père, tu m'as perdu, malgré toi, en m'obligeant à laisser ainsi le champ libre à la haine et à la calomnie.

Me voici enfin présent pour réfuter mes accusateurs: Dieu m'a condamné, et toi aussi, mon père. Apportez contre moi le feu! Fouillez mes entrailles avec le fer! N'avez aucune pitié de ce corps impur! Ces exclamations, mêlées de gémissements et de larmes, excitaient la pitié de tous et notamment de Varus: Il ajouta que celui-ci ourdissait la perte de ceux qui restaient, les soupçonnant de guetter la succession: Arrivant ensuite aux preuves de l'empoisonnement, il exposa successivement tous les témoignages: Après avoir ajouté nombre d'autres griefs et arguments, il mit fin à sa harangue.

Le prince se borna à dire que Dieu était témoin de son innocence et resta étendu, sans parler. Alors le gouverneur demanda le poison et en fit boire à un prisonnier, condamné à mort, qui rendit l'âme sur le champ. Après quoi, Varus s'entretint secrètement avec Hérode, rédigea son rapport à Auguste, et partit au bout d'un jour.

Le roi fit mettre aux fers Antipater et envoya des messagers à César pour l'informer de cette catastrophe. Un des serviteurs d'Antiphilos vint de Rome, apportant des lettres d'une suivante de Livie, nommée Acmé. Ces lettres de Salomé, qui contenaient les injures les plus cruelles envers le roi et un long réquisitoire, Antipater les avait forgées, et il avait persuadé Acmé, en la soudoyant, de les envoyer à Hérode.

Il fut convaincu de ce faux par une lettre que lui écrivait cette femme en ces termes: Mais au moment où il se préparait à sévir contre Antipater, il fut atteint d'une grave maladie: Lecture de son testament.

Cependant sa maladie allait s'aggravant, comme il était fatal d'une indisposition survenue chez un vieillard démoralisé. Car il avait déjà presque soixante-dix ans, et ses malheurs domestiques l'avaient tellement abattu que, même en bonne santé, il ne jouissait plus d'aucun des plaisirs de la vie.

Sa maladie s'exaspérait à la pensée qu'Antipater était encore vivant, car il avait décidé de le mettre à mort, non pas à la dérobée, mais lui présent et rétabli. Il y avait dans la capitale deux docteurs qui passaient pour fort experts dans les lois des ancêtres et qui, pour cette raison, jouissaient dans toute la nation d'une très grande renommée: Ses docteurs expliquaient les lois devant un nombreux auditoire de jeunes gens et, tous les jours, ils réunissaient ainsi une véritable armée d'hommes à la fleur de l'âge.

Quand ils surent que le roi se consumait de chagrin et de maladie, ils firent entendre confidentiellement à leurs amis que le moment était venu de venger Dieu et de détruire les ouvrages élevés au mépris des lois nationales. Il était, en effet, interdit de placer dans le Temple des images, des bustes ou des représentations quelconques d'êtres vivants.

Or, le roi avait fait ériger au-dessus de la grande porte du Temple [] un aigle d'or: Le préfet du roi, aussitôt informé, accourut avec un fort détachement, arrêta environ quarante jeunes gens et les conduisit devant le roi. Hérode leur demanda d'abord s'ils avaient osé abattre l'aigle d'or. Il se fit porter dans l'assemblée [] et y prononça un long réquisitoire contre ces hommes: Le peuple, craignant que les poursuites ne s'étendissent démesurément, pria le roi de se borner à punir les machinateurs de l'entreprise ainsi que ceux qui avaient été arrêtés en flagrant délit, et de détourner sa colère des autres.

Il se trouva des prophètes pour dire que ces douleurs étaient le châtiment du supplice des docteurs. Pourtant le roi, luttant contre tant de souffrances, s'accrochait à la vie, espérait la guérison et imaginait remède sur remède.

C'est ainsi qu'il passa de l'autre côté du Jourdain pour prendre les bains chauds de Callirhoé []: Là les médecins furent d'avis de réchauffer tout son corps dans l'huile chaude: Le tumulte et les cris de ses serviteurs le firent revenir à lui, mais, désespérant désormais de sa guérison, il ordonna de distribuer cinquante drachmes par tête aux soldats et des sommes considérables aux officiers et à ses amis. Là, vomissant déjà de la bile noire.

Il fit rassembler dans l'hippodrome des citoyens notables de tous les bourgs de la Judée et ordonna de les y mettre sous clef. Cette nouvelle lui rendit un moment de sérénité, mais ensuite, torturé par le manque de nourriture et une toux convulsive, vaincu par la douleur, il entreprit de devancer l'heure fatale.

Cependant Achab, son cousin, accourut assez vite pour retenir son bras et arrêter le coup. Aussitôt de grands gémissements s'élevèrent dans le palais, comme si le roi était mort. Lorsqu'Antipater les entendit, il reprit courage, et, plein de joie, supplia ses gardes, en leur promettant de l'argent, d'enlever ses chaînes et de le mettre en liberté.

Leur officier, non seulement s'y opposa, mais courut raconter au roi cette tentative. Celui-ci poussa un cri qu'on n'eût pas attendu d'un malade et envoya aussitôt ses gardes tuer Antipater. Il fit ensevelir le cadavre à Hyrcanion. Après cela, il modifia encore son testament: Il expira après un règne de trente-quatre ans à compter du jour, où, Antigone mort, il devint le maître, trente-sept depuis le jour où les Romains l'avaient nommé roi [].

Après leur départ, les deux époux annoncèrent la mort aux soldats et les réunirent en assemblée avec le reste du peuple dans l'amphithéâtre de Jéricho. Après cette lettre, Ptolémée brisa les cachets des codicilles et en donna lecture: Ensuite on s'occupa des funérailles du roi. Archélaüs n'épargna rien pour qu'elles fussent magnifiques.

Il étala tous les ornements royaux qui devaient accompagner le mort dans sa tombe. Sur un lit d'or massif, constellé de pierreries, était jeté un tapis de pourpre brodé de couleurs variées: Autour du lit marchaient les fils d'Hérode et la foule de ses parents, et après ceux-ci les gardes, les mercenaires thraces, germains et gaulois, tous dans leur équipement de guerre.

Le corps fut ainsi transporté sur un parcours de stades [] jusqu'à, Hérodion, où il fut enseveli comme le roi l'avait prescrit. Ainsi finit le règne d'Hérode. Pour la rédaction grecque du Bellum Josèphe eut des collaborateurs C. Eusèbe et Niese , sont indispensables.

C'est qu'en effet les Synoptiques ont été rédigé sous l'impression récente de la ruine de Jérusalem. La Mishna Kélim, I, 8 parait bien énumérer sept zones de ce genre: Olilzki, Flavius Josephus und die Halache, I. Kohout l'a traduit exactement , mais non Whiston I will begin… with what I call my first chapter! On notera particulièrement les points suivants: En général, le récit de Guerre donne aux événements une tournure plus profane.

Quant à la source du récit de la Guerre, ici comme pour toute l'histoire des Hasmonéens, c'est incontestablement un historien grec Nicolas de Damas, comme le prouvent les allusions répétées à Hérode?

Les erreurs sur la chronologie des Séleucides peuvent être imputées à son étourderie. Ce traité s'il est authentique ne se place que sous Démétrius C'est probablement à ce dernier traité Ant.

On voit que Josèphe, guidé par un historien grec, n'attribue aux premiers Asmonéens que le caractère de chefs militaires et profanes. En réalité, la domination macédonienne durait depuis ans.

Les deux récits coïncident presque mot pour mot et dérivent donc d'une même source païenne. La fin est presque identique dans les deux. Hyrcan en mort en ou av. Les deux récits sont presque identiques et copient le même original, mais les renseignements précis de Ant. Ces deux chiffres sont également erronés, mais celui des Ant.

Destinon, Chronologie des Josephus Kiel, , prog. Ni ici ni dans les Antiquités , Josèphe ne dit explicitement qu'elle épousa Alexandre Jannée.

Ptolémée Lathyre, chassé d'Égypte par sa mère, régnait à Chypre, et c'est là qu'il se retira après sa campagne de Palestine.

On doit donc soupçonner ici une faute de texte: Ces événements se placent en 70 av. Ce dernier sens, plus alexandrin, est aussi plus vraisemblable. Le récit de Guerre est par moments plus détaillé que celui des Antiquités. Voir la note sur Ant. Pour la différence des deux listes, voir ma note ad locum. Ici et dans Ant. Niese et Naber préfèrent cette dernière leçon. Dans le passage correspondant des Ant. Antipater, leur compatriote, dut les gagner sans peine.

Le récit de Guerre est plus développé. Hyrcan n'avait que le titre d'ethnarque. Si l'on compte depuis Pharsale 9 août 48 jusqu'au 15 mars 44 ; le chiffre de 7 mois est plus exact. Aux troupes confiées à Hérode, le texte d'Ant. Voir d'ailleurs infra, XII, 4. XIV, 14, 6 à 15, 3. Malheureusement le site de Gittha Gath? C'est Pappos, en effet, qui était campé près d'Isana Ant.

Pour le supplice d'Antigone, cf. On a remarque avec raison que Josèphe s'exprime plus durement sur le compte d'Antigone dans la Guerre. La leçon d'autres manuscrits L V R G signifierait: P A donnent le sens contraire: La prise de la ville paraît être de juin 37 av.

Dion la place à tort XLIX, 22 en Texte et sens très douteux. Artabaze Artavasde était roi d'Arménie et nullement Parthe; Josèphe paraît le confondre avec son homonyme, roi des Mèdes. Nous avons déjà signalé la grande différence de la harangue d'Hérode dans les deux récits. A partir de cette époque, qui eqt celle de la consolidation définitive de la royauté d'Hérode, le récit de Guerre s'écarte de l'ordre chronologique suivi par les Antiquités, pour adopter un ordre méthodique.

Hölscher Qullen des Josephus etc. Ce comput était sans doute destiné à remplacer celui des Olympiades. La date est celle du commencement des travaux. Le sens ne paraît pas douteux, malgré les traducteurs ; un témenos d'un rayon de un stade était déjà considérable. Pas de parallèle exact dans Ant. Le Temple d'Hérode comportait de nombreuses portes, les unes donnant accès à la cour extérieure, les autres à la cour intérieure ; on ignore de quelle porte il s'agit ici.

Le premier Hérodium, sur la frontière d'Arabie, parait être mentionné Ant. Le site en est inconnu ; l'identité avec Machérous, proposée par Schlatter, est sans vraisemblance. Pour les présents d'Hérode à Samos, cf. Le texte de Guerre est ici plus complet et parait reproduire littéralement un développement oratoire de Nicolas. Schürer, I 3 , p. Dans le texte parallèle des Ant. Il y avait bien une ville de ce nom supra, XXI, 9, mais en Palestine, et ici il est question uniquement de villes étrangères.

Phasélis est en Lycie. Pas de parallèle dans les Antiquités. L'affaire paraît être de 35 av. Mais dans le récit des Ant.