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Pour enregistrer et retrouver à tout moment vos annonces favorites. Pour comparer les modèles que vous avez sélectionnés. C'est en tout cas le constat amer que fait ce très beau documentaire consacré à l'état de la discipline aujourd'hui aux États-Unis. Jay Bulger pointe avec force la lente disparition d'un esprit olympique, social et solidaire au profit d'un appât du gain qui met en faillite tout logique sportive.

Les vrais champions de l'Amérique désormais sont ceux qui perdent avec dignité. Ce pur film de scénariste autour d'une histoire de braquage qui finit par mal tourner exploite avec intelligence sa narration qui remonte le temps pour mieux nous en délivrer le mystère.

Les acteurs et la mise en scène sont au diapason d'un premier essai convaincant. Un texte puissant sur un destin accidenté porté par une performance habitée. L'histoire d'un couple qui, quelques années après avoir perdu son enfant, en adopte un autre aux étranges pouvoirs. Une approche poétique et profondément humaine du film fantastique servie par une esthétique soignée, entre rêve et cauchemar.

Figure centrale du mouvement Mumblecore, Joe Swamberg reste fidèle ici à son approche lo-fi et impressionniste selon laquelle le personnage transcende le récit. Jake Johnson New Girl , également coscénariste, est attachant en loser accro au jeu en quête de réhabilitation.

Robert Redford, Jason Segel, Rooney Mara… Pour son deuxième film, Charlie McDowell The One I Love a vu grand côté casting pour cette dystopie où la Terre connaît une folle inflation du nombre de suicides depuis qu'un scientifique a déclaré avoir des preuves de la vie après la mort.

Son approche de la science-fiction, ancrée sur le drame humain, n'en garde pas moins une certaine modestie. Rooney Mara est parfaite, as usual. Présenté quelques années plus tôt à Sundance, ce drame intimiste sur un jeune père afro-américain qui tente de retrouver une vie normale après sa sortie de prison a fini par traverser l'Atlantique.

L'occasion d'admirer la performance poignante de John Boyega. Sur une plateforme où priment les effets de scénario, cette histoire de fantôme signée du fils d'Anthony Perkins tranche par la puissance de son esthétique qui vire presque à l'abstraction et au vide.

Jadotville nous replonge avec une belle maîtrise dans une page injustement oubliée de l'histoire, soit l'envoi dans le cadre d'une opération des Nations unies de soldats irlandais dans l'État sécessionniste du Katanga en Afrique, peu après l'assassinat de Patrice Lumumba.

Sur place, rien ne se passera comme prévu, au grand dam de ces gardiens de la paix bien éloignée de leur patrie. Guillaume Canet, en chef des mercenaires, et Emmanuelle Seigner, en descendante de colons, complètent l'affiche.

Voir la bande-annonce Barry Vikram Gandhi, , 1h En s'attachant aux années Columbia du jeune Barack Obama, Vikram Gandhi livre un film touchant sur la difficulté de s'intégrer quand on est le fruit du mélange de deux cultures. Un biopic fin et sensible. Oscar du meilleur court métrage documentaire, le film d'Orlando Von Einsiedel ouvre une fenêtre sur le quotidien de ces secouristes bénévoles des zones rebelles en Syrie.

Le portrait poignant d'un pays résilient malgré la tragédie de la guerre. Avant le succès de la série 13 Reasons Why , ce documentaire s'intéressait au problème douloureux du harcèlement en ligne en donnant la parole aux victimes et à leurs proches.

Un récit particulièrement touchant sur l'effet dévastateur d'agressions sexuelles filmées à l'insu de jeunes femmes qui ne finissent plus d'en payer le prix. Le résultat, sans aucun jugement, est fascinant, notamment par les témoignages intenses que Tony Robbins arrive à faire accoucher chez ceux qui sont venus l'écouter.

Toujours juste, le film de Cary Joji Fukunaga, à peine sorti de True Detective , portait la promesse d'un cinéma à visée internationale ambitieux. Ce documentaire modeste touche une corde sensible en suivant la comédienne Tig Notaro dans la préparation de son nouveau spectacle. En , tout juste diagnostiquée d'un cancer, elle écrit un one-woman-show sur sa maladie. La bande audio connaît un important succès viral.

Des mois plus tard, une fois le traitement terminé, comment faire rire à nouveau quand le corps et l'esprit se remettent à peine? Quelle juste distance trouver avec sa maladie? Quel sens donner à sa vie? Autant de questions joliment effleurées. Sur un sujet choc —les jeunes femmes se lançant dans le porno amateur—, Jill Bauer et Ronna Gradus signent un documentaire à la fois alarmant sur l'avidité d'un système en constante recherche de chair fraîche, et humain par la place laissée à ses actrices en herbe d'exprimer à la fois leurs espoirs et leurs désillusions.

Le film a par la suite été décliné en série. Voir la bande-annonce Mitt Greg Whiteley, , 1h Aux États-Unis, il existe un équivalent avec Mitt , pour un résultat tout différent. Le réalisateur Greg Whiteley a suivi la famille Romney le temps des deux campagnes perdues de et Devancé par McCain pour l'investiture républicaine, le candidat est ensuite choisi pour défier le président sortant quatre ans plus tard.

Une vision de ce qu'est une campagne politique approchée par la face intime, avec quelques scènes très fortes, comme ce presque soulagement de ses proches au moment de l'annonce de sa défaite. Autant ce documentaire n'a strictement aucun intérêt formel, alternant images d'archives et interviews posées, autant l'histoire qu'il raconte est particulièrement jouissive. Soit, dans les années à Portland, le lancement d'une franchise de baseball totalement indépendante par le passionné papa de Kurt Russell, avec une armée de marginaux et autres rejetés du monde professionnel prêts à montrer ce qu'ils valent vraiment.

Bien sûr, la sauce prendra comme par magie avant que les tenants de l'ordre viennent siffler la fin de la partie. Voir la bande-annonce Retourner au sommaire. En Patagonie, une adolescente disparaît un soir après une virée dans un bar entre amies.

Des années après, l'une d'entre elles, devenue policière, se décide à relancer l'enquête visant à savoir ce qui s'est vraiment passée cette nuit-là.

Malgré une mise en scène un peu plate, ce polar ibérico-argentin s'appuie sur de forts personnages féminins pour dessiner de manière réaliste un monde corrompu par la violence des hommes. Trompé par sa femme qui vient de publier un roman remarqué, un notaire décide de tout plaquer pour réaliser son rêve d'écrire lui-même un livre. Il se lie alors avec ses nouveaux voisins et s'immisce peu à peu dans leur vie pour donner corps à ses personnages. Un petit jeu pervers et de plus en plus dangereux.

S'il manque d'un poil de démesure, ce film espagnol sur les affres de la création se regarde avec plaisir de bout en bout, dessinant en creux une galerie de personnages réussies sur fond de crise. Ce documentaire d'une dizaine de minutes seulement nous présente Zion Clark, un lutteur américain né sans jambes qui a été abandonné par ses parents peu après sa naissance avant de passer de famille d'accueil en famille d'accueil jusqu'à finalement être adopté à l'âge de 16 ans et trouver à s'accomplir dans le sport.

Une certaine idée touchante de la résilience. Avouons-le, tout l'intérêt de ce film de science-fiction tient sur son twist qui donne soudain un peu d'intérêt et de propos à une série B jusque-là plutôt terne. Soit l'histoire de Peter, un père de famille hanté par des images d'invasion d'une force mystérieuse venant jusqu'à menacer sa famille. Malgré l'angoisse qu'elles font peser sur son foyer, lui veut voir dans ses visions le signe annonciateur d'une catastrophe à venir.

Son pire cauchemar serait-il sur le point de devenir réalité? Ce thriller confirme l'intérêt grandissant de Netflix pour les productions espagnoles à la suite du succès de La Casa del Papel.

S'il est question d'un braquage ici, celui-ci tourne rapidement au drame laissant le meilleur ami de notre protagoniste principal aux portes de la mort. Essayant de comprendre les circonstances du drame, Jon découvre une série de faits divers ayant lieu à intervalle irrégulier tous le même jour au même endroit. Son ami est-il victime d'une malédiction ou lui-même est-il en train de devenir fou?

L'Avertissement se suit de bout en bout avec plaisir grâce à un scénario malin qui enchevêtre les fils et les pistes narratives pour ne livrer son secret qu'à la fin.

Tout juste diplômé de l'université, Ben est destiné à un emploi prometteur à New York quand il retourne avec son meilleur dans la ville de leur enfance voir son père. C'est alors que les ennuis commencent mettant en péril tout ce qu'il a construit.

Cette comédie catastrophe à l'humour volontairement potache se démarque par un esprit bon enfant assez communicatif. Pour ne rien gâcher, la sous-intrigue romantique du film offre à Bridgit Mendler une rôle plus que séduisant de girl next door particulièrement enjouée.

Cette nouvelle déclinaison post-apocalyptique ne va pas sans son lot de frustrations. Très vite, on peine à voir où le film veut en venir, le récit prisonnier d'une succession d'obstacles qui tire sur la répétition. Sans compter une fin bâclé qui cherche une sortie par le vide. Ce sous Walking Dead peut néanmoins compter sur une certaine atmosphère et deux belles performances d'acteurs, Forest Whitaker apportant notamment une épaisseur remarquable à ce personnage de père aimant jusqu'à en devenir véritablement menaçant.

Ce deuxième volet d'une trilogie d'anime japonais autour du monstre légendaire a les qualités et les défauts du premier. Les aventures de nos héros en mal d'une planète hospitalière de retour sur Terre pour défaire la bête dépeignent avec précision les enjeux dramatiques liés à la rencontre d'une tribu de survivants qui vivent enfouis reléguant l'action seulement à la toute fin du film.

Le titre annonce la couleur, nous ne sommes bien là qu'à l'aube du combat. Cette comédie autour d'un père qui tente de se reconnecter à son fils adolescent en l'amenant à la chasse aux cerfs doit beaucoup à la complicité du duo d'acteurs Josh Brolin et Danny McBride. Le premier interprète un paternel imbu de lui-même terriblement humain, le second un fidèle caméraman amoureux et dévoué, mais qui ne maîtrise pas bien tous les codes.

Par contre, l'alternance de scènes comiques et d'autres un peu plus graves tend à désamorcer le rire comme la tension dramatique, l'ensemble n'en restant pas moins par instant touchant. Après le moyen métrage Heroin e , qui s'intéressait aux destinées de femmes engagées dans la guerre contre les opioïdes, Elaine McMillion Sheldon prolonge son exploration de la thématique avec Recovery Boys. Cette fois-ci, son documentaire prend pour cadre un tout nouveau centre de désintoxication qui vise à isoler les addicts dans une petite communauté agricole.

Inégal dans l'intérêt des différents personnages que le film suit, Recovery Boys touche à quelque chose de fort avec le destin de Jeff, tout premier toxico à étrenner la structure. Ce jeune père de famille en souffrance de la séparation avec ses filles, toujours sur le fil de la rechute, pointe les limites d'un système rigide qui au final punit lourdement ceux qui ne savent plus marcher droit. Inspiré d'une histoire vraie, Brain on Fire est le récit d'une lente descente aux enfers.

Celle d'une jeune journaliste new-yorkaise dont l'esprit craque peu à peu gagné par une forme de folie sans qu'un diagnostic soit clairement posé.

Chloë Grace Moretz est convaincante en Susannah Cahalan, du nom de la véritable reporter qui travaillait pour le New York Post quand elle connut ses terribles ennuis de santé. Carrie-Anne Moss et Richard Armitage notamment complètent le casting. Ce drame espagnol centré sur les retrouvailles entre une mère, célèbre actrice, et sa fille qu'elle avait abandonnée enfant déploie une imagerie riche de mystères, autour de l'univers de la forêt notamment, qui fait pencher l'ensemble du côté du conte.

Ramón Salazar a la bienveillance de ne jamais chercher à surexpliquer le rapport qui se noue entre les deux personnages, renforçant ainsi sa terrible ambiguïté entre pulsion de vie et désir de mort. Cette comédie romantique australienne est inspirée de la vie de son scénariste et acteur principal Osamah Sami.

Membre de la diaspora irakienne, voilà le jeune homme, fils d'un brillant imam respecté de tous, promis à un mariage arrangé et à une carrière de docteur. Sauf qu'après avoir échoué à l'examen d'entrée à l'université, il se décide à mentir sur ses résultats plutôt qu'à décevoir les espoirs placés en lui. Et se retrouve pris au piège, tiraillé entre sa culture d'origine et celle plus libérale de son pays hôte.

Portée par le charme charismatique de son interprète et une attention bienveillante accordée à ses personnages, cette comédie romantique feel good joue de manière plaisante avec les questionnements liés à l'identité et au tradition tout en portant un discours gentiment progressiste sur le droit à disposer de soi-même, hommes et femmes compris.

Cette histoire familiale prend à la fois les atours d'un drame et d'une aventure périlleuse mettant en lumière les conflits d'un pays tiraillé par la violence. Le tout traité avec sobriété et humanité. Avec Le Rituel , Les Affamés et maintenant Cargo , les amateurs de survivalists sont gâtés en ce début d'année. Même s'il faut bien avouer que le film signé Ben Howling et Yolanda Ramke s'apparente au plus faible des trois, la faute à une caractérisation très flottante des personnages et de l'environnement dans lequel ils évoluent.

Pour le reste, Martin Freeman, aperçu dans Sherlock et Fargo, s'en sort très bien pour incarner avec une forme de distance ce père de famille perdu dans un outback menaçant avec la charge de son bébé. Et les deux réalisateurs savent tirer partie de l'originalité de leur décor. Pour ne rien gâcher, l'entame et la fin du film sont particulièrement soignés.

Cette production sud-africaine est comme construite en deux parties, malheureusement d'inégales valeurs. La première, très enlevée, nous présente nos deux personnages principaux, un universitaire et sa femme journaliste, au travail, chez eux ou avec des amis. On y discute amour, bonheur, désir, racisme, appropriation culturelle dans une suite d'échanges stimulants et ouverts. Puis une figure d'écrivain blanc célèbre exilé après la fin de l'apartheid vient perturber la vie du couple , diluant peu à peu le propos politique en une suite de beuveries et de jalousies.

Netflix aime décidément les films d'ados, les comédies romantiques et les comédies romantiques mettant en scène des ados. Ici, Elle a noué une relation d'amitié très forte avec Lee, pour laquelle ils ont inventé tout un tas de petites règles. Sauf qu'au lycée, la voilà attirée par le grand frère de celui-ci. De quoi mettre en péril leur amitié. Ce drôle de récit d'apprentissage se démarque par quelques effets clinquants de mise en scène, comme pour en surligner la modernité, mais surtout la légèreté toujours bienveillante et jamais grossière ou idiote de son personnage principal, heureuse de s'affirmer et de laisser peu à peu sa petite empreinte sur un monde plus large que les drôles de jeux de son enfance.

Ce film italien suit la trajectoire morale d'un chômeur qui se retrouve soudain dans l'impossibilité de rembourser ses dettes. Il propose alors d'aider à recouvrir celles des autres gratuitement jusqu'à avoir remboursé ce qu'il doit.

Accompagné d'un mentor diabolique, il apprend alors à utiliser tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Au risque de se perdre. Une fable politique grinçante qui perd peu à peu de sa force dans les atermoiements attendus de notre héros. Ce moyen métrage documentaire s'intéresse à une unité médicale qui accueille des patients souffrant de longues maladies.

On y réfléchit à comment aborder l'approche de la mort. Les questions qui se posent alors aussi bien d'un point de vue très concret que spirituel. Car comme le souligne un des médecins, on a beau se faire à l'idée que l'on va mourir, quand le moment approche pour de bon, c'est un puissant instinct de vie qui soudain nous étreint. Leurs mères se détestent, ils ne s'entendent sur rien, mais le sort va les pousser à coopérer. Ils, ce sont Bennett et Lona, deux lycéens débatteurs hors pairs qui rêvent d'intégrer Yale et Harvard.

Cette nouvelle comédie romantique Netflix ne brille toujours pas par l'inventivité de son scénario, qui bouscule peu les conventions du genre. Le jeune duo d'acteurs, un chouette cast de seconds rôles d'Helen Hunt à Christina Hendriks en passant par Uzo Aduba Suzanne dans Orange is The New Black et un traitement tendre de leur profonde inadaptation à la vie touchent toutefois une corde sensible. Cette histoire d'un fils en pleine crise existentielle qui part dans un road trip avec son père mourant, photographe de renom s'étant très peu occupé de lui, et l'assistante de vie de celui-ci est cousue de fil blanc.

Chaque rebondissement est prévisible, tout comme les trajectoires de ses personnages abîmés par la vie en quête d'un peu de paix. Pourtant, le charme opère tout du long par la force d'une sensibilité dans l'approche du sujet, de très chouettes performances d'acteurs, notamment d'Ed Harris en patriarche retors, et d'une bande-son impeccable.

Un film où deux personnages écoutent un vinyle de Galaxie peut-il être foncièrement mauvais? Ce teenage movie est un drôle d'objet. Un pied dans l'hédonisme d'une jeunesse qui aime boire, fumer et faire la fête.

Un autre dans un fond plus grave où il est question de deuil, de viol, d'épreuves qui pèsent sur les personnages sans jamais à chercher à les victimiser. Cette drôle de collusion ajoute une petite touche réaliste en terme d'expériences et de sentiments à un film qui ressemble pour le reste aux productions typées du genre.

Je ne suis pas un homme facile Éléonore Pourriat, , 1h La nouvelle comédie française de Netflix se présente comme une joyeuse dystopie plongeant, à la suite d'un choc, un homme un peu coureur et macho Vincent Elbaz dans une société matriarcale.

Le film d'Éléonore Pourriat s'amuse alors à travers une foule de petits détails à inverser les rôles dans lesquels se trouvent les hommes et les femmes. Ces premiers s'épilent, s'apprêtent, sont objectivés, restreints à des tâches inférieures, sont sensibles à une horloge biologique… Un jeu de décalage, qui, au final, prend pas mal de place dans le film presque trop et vient pervertir la rencontre de notre héros avec Alexandra touchante Marie-Sophie Ferdane , puissante femme de lettres et croqueuse d'hommes en mal d'inspiration.

Si la suite de péripéties rentre dans les canons d'une comédie romantique très classique, on saura gré à Éléonore Pourriat de ne pas totalement effacer son questionnement politique face à la bonne conduite de son récit.

Inspiré d'une histoire vraie, ce film mexicain retrace la folle épopée d'une équipe de football américain montée au sein même d'une des prisons les plus dures du pays pour participer à une ligue amateur. Long métrage sans concession sur la violence du monde carcéral et ses dérives, La 4e Compagnie en interroge de manière intéressante les causes et les effets. L'ensemble un peu long malgré une mise en scène soignée aurait gagné à davantage de tension.

Cette histoire d'un jeune prodige du basket qui découvre la cupidité d'établissements prêts à tout pour attirer les meilleurs joueurs bénéficie de la fraîcheur de son interprète Michael Rainey Jr et de la performance impeccable d'ambivalence de Josh Charles, le Will Gardner de The Good Wife. Amateur défend ainsi un plaisir du jeu qui résonne bien au-délà des terrains. Plus que la dérive business d'un sport qui fait miroiter à de nombreux adolescents une porte de sortie vers la sécurité matérielle, c'est l'hypocrisie et le mensonge inhérent au système qui sont ici pris pour cible.

C'est l'archetype du film indépendant américain solide. L'histoire d'une lycéenne élevée par une famille d'accueil qui se retrouve du jour au lendemain à la rue et va tenter de se reconnecter avec son père, un ancien lutteur tout juste sorti de prison. Olivia Newman saisit bien ici la précarité de ses vies, le combat pour la survie qui prend ici un sens très littéral.

La relation tendre et complexe entre l'adolescente et son père est particulièrement réussie, grâce au jeu tout en nuance de ses interprètes. Le film a remporté un prix du public au festival South by Southwest. L'entame du film, toute en dialogues percutants, est pétillante. L'opération séduction marche à merveille. Mais ensuite, la routine s'installe. Et cette histoire d'un couple en plein doute le jour de l'anniversaire de ses trois ans revient sur tous les rails classiques du genre, à coups de quiproquos et renversements attendus de situation.

On finit par accepter le confort d'un film servi par deux interprètes pleins de charme. Présenté au festival de Toronto en , Layla M. Portrait d'une jeune fondamentaliste néerlandaise en voie de radicalisation, le film fait écho à l'actualité brûlante de ces dernières années en choisissant de faire corps avec son personnage.

D'Amsterdam à Ammam, de la famille, à la religion, à l'amour, Layla cherche ce lieu où elle se sentirait enfin elle-meme, en accord avec ses envies, ses convictions. Une quête moins absolue qu'intime qui pose un regard interrogateur et décontenancé sur le monde qui nous entoure. Paradox, le film de Daryl Hannah tourné avec Neil Young et les musiciens de Promise of the Real en marge de leur tournée, remplit une case qu'on se désespérait un jour de voir nourrie chez Netflix et son algorithme: Ce délire à l'aura étrange pâtit certes du manque évident de moyen et de préparation pour tout ce qui touche à l'intrigue.

Toutefois, le plaisir évident des musiciens à jouer ainsi que la teneur politique en phase avec l'univers du musicien tienne un ensemble poétique fragile. Reste surtout la musique de Neil Young qui de ballades élégiaques en acoustique en déflagrations électriques sur scène garde ici intact son pouvoir de sidération.

Pour qui ne connaît pas Roxanne Shante, la première MC star du hip-hop, son biopic Roxanne Roxanne ne donnera qu'un aperçu assez lointain de l'impact qu'elle a pu avoir encore adolescente au milieu des années La New-Yorkaise ouvrira la voie à de nombreuses autres femmes qui n'ont pas la langue dans leur poche, à l'image de Nicki Minaj.

Si le film de Michael Larnell passe un peu à côté du grand tableau, outre un gimmick répétitif avec le futr Nas, il touche à quelque chose de juste versant intime, avec ce portrait de femme ballottée d'un monde violent à un autre avec une verve hors du commun et un bel esprit de résilience.

Les performances des différents interprètes de Chanté Adams à Mahershala Ali, oscarisé pour Moonlight , sont impeccables. Ce documentaire américain met en exergue la culture compétitive qui a entraîné l'explosion de la prise de médicaments stimulants les facultés mentales du type Adderall. Fort de nombreux témoignages, le film d'Alison Klayman montre parfaitement le boost cognitif ou simplement de confiance en soi que permet leur prise ainsi que les nombreux dangers et dérives qu'elle entraîne.

Essentiellement pour cette masse de personnes qui n'en a aucune nécessité médicale mais court inexorablement après cette obsession si contemporaine de la performance. Victime d'un coup d'État, le leader de la Corée du Nord s'enfuit en Corée du Sud accompagné d'un simple agent de sécurité en charge de sa protection et de sa famille. Sur place, ce dernier a la lourde tache de le maintenir en vie et d'obtenir la coopération des autorités pour rétablir la situation et éviter le déclenchement d'une guerre nucléaire.

Très vite, il trouve le soutien du chef des affaires de sécurité étrangère. La référence est là. Difficile de ne pas penser à Blade Runner face à ce Berlin futuriste et nocturne et ce scénario de film noir. Ce n'est pas l'aspect le plus problématique de Mute. Le long métrage de Duncan Jones baigne dans décor de science fiction plutôt riche et agréable à regarder tout en bénéficiant d'une atmosphère joliment mutante et décadente. Le souci ici a moins à voir avec la forme qu'avec le fond.

Le film ne questionne ou ne dépasse jamais son sujet pour vouloir lui faire dire quelque chose de nous, de notre condition humaine. Au point que la ligne d'horizon de ce nouvel ajout Netflix semble vraiment ses longs métrages de Luc Besson dont le panache visuel n'a d'équivalent que la minceur de la narration.

Au final, Mute est comme prisonnier de son personnage muet. Reste le duo truculent Paul Rudd et Justin Theroux, amusant à regarder presque de bout en bout, qui là encore malheureusement n'apporte pas grand chose au Schmilblick sinon jouir de son propre spectacle.

Le mieux est parfois l'ennemi du bien. Et voilà la conclusion à laquelle on souscrit également après le visionnage de cette comédie romantique qui déjoue pourtant habilement quelques codes du genre. Sauf que voilà, la trame romantique n'est ici qu'un prétexte à traiter la question du deuil autour d'un casting de seconds rôles trois étoiles Christopher Walken, Steve Coogan, Kate McKinnon… réduits chacun à quelques scènes éparses. Plongé dans un New York de carte postale, ce couple pris dans la tourmente n'en est pas moins touchant grâce notamment au charisme de son interprète principale, dont le jeu très naturel tempère l'artificialité de l'ensemble.

On en laisserait même couler quelques larmes sur le final. La formule pourrait également s'appliquer aux meilleures comédies romantiques. Mis en ligne le jour de la Saint-Valentin, L'Amour au mètre carré n'est pas tout à fait de ce calibre-là.

La faute à un scénario souvent un peu trop prévisible qui tire en longueur dans sa deuxième partie. Ce film indien prenant pour prétexte l'histoire de deux collègues pris dans des relations compliqués qui décident de se lancer dans un mariage blanc afin d'accéder à la propriété et à leur indépendance n'en manque pas moins de charme.

La mise en scène est soignée, offrant notamment de jolis plans de Bombay. Et le duo d'acteurs principaux fonctionne à la perfection, plus proche des canons de jeux occidentaux que de l'image que l'on se fait de Bollywood. Ils offrent en tout cas un fond d'humanité touchant à leurs personnages, qui se débattent au milieu d'une suite de quiproquos.

Si le film bouscule joliment certaines normes, on regrettera qu'au final il finisse par rentrer tranquillement dans le rang. En , Netflix achetait les droits de diffusion de Divines, le film de Houda Benyamina , s'offrant ainsi son premier Original français. Celui-ci est disponible partout dans le monde sauf ici, la sortie cinéma empêchant toute exploitation en ligne pour une durée de trois ans.

Blockbuster de July Hygreck a donc la lourde tâche d'incarner le premier en France sous bannière Netflix ce changement de paradigme dans la distribution. Financée à l'origine en partie à l'aide d'une souscription participative, cette comédie romantique a le mérite d'une certaine fraîcheur, dans un genre souvent très calibré qui a plusieurs fois sombré l'an passé dans le malaise.

On y suit les mésaventures de Jeremy Syrus Shahidi et Lola Charlotte Gabris , un couple en crise après que la jeune femme, fan de super-héros, découvre que leur rencontre est basée en réalité sur un mensonge.

Si le film n'est pas exempt de maladresses avec quelques blagues un peu lourdes et des personnages secondaires qui peinent à exister réellement, il bénéficie néanmoins du charme de ses principaux intérprètes, d'une brochette de guests savoureuse et d'une manière assez fine de coller à l'air du temps. Avec son esthétique qui doit autant aux bricolages de Michel Gondry, mentor assumé du film, qu'à YouTube et Instagram, Blockbuster questionne au passage le rapport à la vérité et à la mort de cette génération d'adulescents qui aime tant à s'arranger avec la réalité.

Intégrant jusque dans la mise en scène cette relation hybride au monde induite par le pouvoir accordé à nos imaginations. Pour le meilleur comme pour le pire. Présenté sur la plateforme comme une série, ce Godzilla Original est en réalité une nouvelle trilogie de films animés consacrée au célèbre monstre japonais.

Le premier volet, La Planète des monstres, est sorti en salle à l'automne dernier au Japon. Netflix en assure la distribution à l'international.

Le film prend pour point de départ une série de cataclysmes ayant donné naissance à la fin du XX e siècle à un Godzilla surpuissant qui par sa force de destruction a poussé les humains à quitter la Terre. Aux côtés d'autres extraterrestres, ils errent dans l'espace à la recherche d'une nouvelle planète habitable. Pour certains, il est temps de retourner sur la Terre et affronter la bête.

Porté par une belle animation fluide, ce Planète des monstres pose habilement ses personnages et ses enjeux avant de s'enfermer peu à peu dans un récit pré-écrit. Si le monstre est réussi, il tient ici une partition plutôt discrète laissant espérer une montée en puissance pour la suite.

Inspirée d'une histoire vraie, cette comédie avec Jack Black suit la figure attachante de Jan Lewan, un chanteur polonais naturalisé américain installé en Pennsylvannie.

Pour les rembourser, il se trouve dans l'obligation d'emprunter toujours plus. Plus que la drôle de dérive criminelle d'un homme bien sous tous rapports, le film arrive à capter quelque chose d'intéressant dans sa peinture d'un être obnubilé par sa croyance dans le rêve américain. Tout est possible, il suffit d'y croire, professe l'idéaliste qui obtiendra en une nomination au Grammy Awards. Il touchera ensuite aux limites factices de sa quête effrenée du bonheur, sans en rompre totalement le charme.

Sélectionné hors compétition au Festival de Cannes en , Blade of the Immortal débarque quelques mois plus tard sur Netflix. Centième film du très prolifique cinéaste japonais Takashi Miike, cette adaptation d'un manga offre une variation moderne du film de samouraï. Frappé d'une malédiction, le héros immortel accepte de devenir le garde du corps d'une jeune femme dont la famille a été terrassée par un puissant clan qui cherche à évincer tous les autres.

Chauffeur de taxi devenu caméraman sur le tard, l'Américain Jon Alpert s'est pris de passion pour Cuba à partir des années Sur place, il fait la rencontre de quelques individus ou familles aussi bien à La Havane qu'un peu plus à la campagne et commence à les filmer.

À chacun de ses voyages —espacés de quelques années sur quatre décennies—, il revient prendre des nouvelles autant de leur vie que de celle de l'île sous régime castriste. Tout comme du Leader Maximo avec lequel il sympathise, notamment lors d'un étonnant voyage à New York en où on le découvre humble et amusé dans l'intimité. Si le regard porté sur Cuba est bienveillant, il n'en cache pas moins les difficultés économiques dans lesquelles s'enfonce l'île à compter des années Un véritable marasme poussant une partie de la population à l'exode.

Mais ce qui ressort par dessus tout, c'est la générosité et la force des liens humains noués ainsi que ce drôle d'aléatoire des trajectoires de vie de chacun. Ce court documentaire centré autour de la figure de Robert Reich , l'ancien secrétaire au Travail de l'administration Clinton, traite avec beaucoup de pédagogie des dérives économiques qui mettent à mal aujourd'hui les démocraties occidentales.

À commencer par la concentration d'une part toujours plus importante des richesses dans un nombre de mains, lui, de plus en plus réduit. Explosion des lobbys, essor d'un discours populiste critique des mécanismes de régulation et de l'action de l'État, éloge de la figure de l'entrepreneur individualiste qui réussit par et pour lui même, cupidité grandissante de la sphère financière… Tous les facteurs sont réunis pour mettre à mal le pouvoir de chacun d'infléchir la politique vers plus de partage et de protection.

Il y a quatre ans, Argo remportait l'Oscar du meilleur film avec une histoire folle de prise d'otages en Iran au tournant des années L'action de 6 Days , également inspirée de faits rééls, se déroule pendant la même période. Sauf que cette fois, c'est l'ambassade iranienne à Londres qui est le cadre de la prise d'otages. Charge aux autorités britanniques de s'assurer de leur libération.

Si le film de Toa Fraser est très appliqué, soucieux de rendre justice à l'opération Nimrod qui fit face à cette attaque terroriste d'un nouveau genre, la comparaison avec le long métrage de Ben Affleck en montre bien les limites.

Que ce soit au niveau du travail des personnages ou de la tension dramatique, jamais 6 Days ne semble transcender son matériau d'origine. Un manque de personnalité qui empêche le film, plaisant au demeurant, de vraiment décoller malgré quelques performances d'acteurs convaincantes. Autre adaptation de Stephen King, ne réédite pas tout à fait la réussite du Jessie de Mike Flanagan. Zak Hilditch dépeint pourtant avec un certain savoir-faire cette ambiance Southern Gothic qui bascule peu à peu du côté d'un fantastique presque macabre.

Cette histoire d'un pauvre cultivateur qui se retrouve au pied du mur le jour où sa femme veut vendre les terres familiales dont elle a la propriété offre au passage une variation intéressante sur la violence de classe et la culpabilité. Ce biopic de 2Pac ressemble à ses pires moments à une suite de scènes comme tirées de la page Wikipedia du célèbre rappeur américain, suivant une lecture très politique des divers incidents qui ont émaillé sa courte carrière.

Puis, une fois, l'épisode de la prison terminé, le film de Benny Boom commence à prendre davantage son temps et à donner un peu d'épaisseur à son personnage principal le confrontant peu à peu ses contradictions. Dommage que la performance en demi-teinte de Demetrius Shipp Jr. All Eyez on Me n'en reste pas moins une bonne introduction à l'univers du rappeur pour ceux qui seraient passés totalement à côté du phénomène décédé tragiquement en septembre Peut-on rire du terrorisme?

C'est l'option plutôt réussie que prend cet Original Netflix espagnol autour d'une cellule de l'ETA en attente de mission, coincée dans un appartement le temps d'une Coupe du monde de foot ravivant la flamme nationaliste de la population.

Ils ont pour ordre de rester les plus discrets possibles, mais là encore tout ne se passera pas comme prévu. Une vision très pied nickelée d'une cellule terroriste, qui a valu à Netflix quelques réprobations de familles de victime en Espagne.

Voir la bande-annonce Notre royaume Lucy Cohen, , 1h Avec Notre royaume, nous voilà plongé dans le quotidien d'une famille anglaise pas comme les autres. Comprenez pas moins de sept enfants —six filles, un garçon—, dont plusieurs souffrent de troubles autistiques; mais surtout un père qui en décide se suicider laissant derrière lui un champ de désolation. Le documentaire alterne de nombreux extraits des home movies que ce chanteur à la carrière ratée tournait avec les siens et des scènes filmées par Lucy Cohen, quelques années après le drame.

Touchant, ce long métrage montre surtout les diverses stratégies adoptées par chacun pour tenter de faire le deuil et se construire dans un cocon à la fois chaleureux et potentiellement destructeur.

Ce moyen métrage retrace l'histoire incroyable qui est arrivée à Juan Catalan. En mai , ce jeune père de famille est arrêté un matin, accusé du meurtre d'une temoin du procès de son frère. Sauf que lui explique qu'il était en réalité à un match des Dodgers. Va-t-il réussir à démontrer la réalité de son alibi? Un documentaire intéressant qui montre à quel point une vie prise dans le système judiciaire peut basculer pour un détail.

Curb your Enthusiasm, rien que ça. Vendu comme un film événement par Netflix, ce documentaire s'inscrit dans la lignée du dernier album de Lady Gaga, Joanne , dont il épouse le geste.

Celui de sortir la star de la pop internationale des atours sophistiqués qui ont fait sa gloire pour coller davantage à la personnalité brute de Stefani Joanne Angelina Germanotta. Et effectivement, ceux qui ont pu prendre Lady Gaga pour une créature froide et trop construite trouveront là de nombreuses scènes amusantes ou touchantes laissant entrevoir une artiste créative et sincère jusque dans la douleur —elle confesse ici souffrir de fibromyalgie, une maladie invalidante qui touche surtout les femmes.

Toutefois, voilà, c'est bien devant la fenêtre que nous laisse le film qui, en voulant toucher à tous les aspects de la vie la star n'en approfondit aucun. Il manque au final d'un enjeu, d'un vrai regard pour que Gaga: Five feet two puisse réellement prétendre au rang des documentaires musicaux qui comptent.

Il ne s'en regarde pas moins sans déplaisir. D'abord, ils ont tué mon père Angelina Jolie, , 2h Après le siège de Sarajevo dans Au pays du sang et du miel et la Seconde Guerre mondiale dans Invincible , Angelina Jolie s'intéresse, pour sa quatrième réalisation, à la prise de pouvoir au Cambodge par les Khmers rouges dans les années Tourné en khmer, D'abord, ils ont tué mon père se passe de longs discours d'explication réservés au début et à la fin du film pour nous immerger dans le sort tragique d'enfants ballottés jusqu'à perdre leur innocence.

Si l'ensemble est par moments touchant, cet Original Netflix —un peu longuet— mise un peu trop sur le décalage du point de vue en gage d'originalité. C'est à la fois la force et la limite du film. Netflix renoue avec les formats courts avec ce documentaire touchant sur un groupe de vétérans américains qui reprend goût à la vie grâce au surf. En plus d'initier à la mystique de la vague, le film ouvre une fenêtre poignante sur le quotidien difficile de ses soldats atteints de stress post traumatique.

Pour certains dévorés par la rage et suicidaires, ils trouvent dans les remous de l'Océan une nouvelle source à la fois d'adrénaline et de liberté. Cette déclinaison sur le motif de La Malediction en mode humoristique démarre de manière très plaisante. Le film joue habilement du contraste entre les doutes grandissants d'Adam Scott, parfait en beau-père plein de bonnes intentions, la bonhomie d'Evangeline Lilly et les catastrophes en séries qui frappent la famille recomposée.

Si Bridget Everett tient ici un deuxième rôle particulièrement savoureux, la suite de péripéties ne tient pas tout à fait ses promesses. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Bushwick était la troisième production Netflix à Cannes cette année aux côtés d' Okja et The Meyerowitz Stories mis en ligne le 13 octobre prochain. On suit la jeune Lucy, étudiante, et Stupe, ancien soldat reconverti en concierge, tentant de survivre au milieu d'un chaos dont on comprend au fur et à mesure les tenants et les aboutissants.

La faute à un casting assez peu charismatique, à un scénario qui tourne vite court ou à une mise en scène trop répétitive? En tout cas, Bushwick peine à emporter tout à fait l'adhésion. Le film n'en propose pas moins quelques séquences vraiment impressionnantes qui ne sont pas sans rappeler le plus réussi Cloverfield. Comment remettre sa vie sur de bons rails quand on peine à se remettre d'une rupture amoureuse et que sa carrière artistique n'est qu'une suite sans fin de refus?

Voilà la question à laquelle s'attelle avec beaucoup d'enthousiasme cette comédie remarquée à Sundance qui se détourne habilement de quelques poncifs pour dresser le portrait touchant et enlevé d'une jeune femme Jessica Williams résolument tournée vers la vie.

Cette comédie dramatique indé s'attachant au complexe problème de l'anorexie doit beaucoup à la performance très sobre de Lily Collins, déjà présente au générique d' Okja. L'approche est directe et sans fard du sujet n'occultant rien de la douleur des victimes directes et de leurs proches sonne juste.

Keanu Reeves fait lui aussi preuve de beaucoup de retenue dans le rôle du psy chargée de les ramener du côté de la vie. Dans la lignée de Mission Blue , un documentaire qui tente d'alerter sur les effets devastateurs du réchauffement climatique sur les océans, à savoir ici le corail. La hausse de la température des eaux est en train de profondément modifier l'écosystème marin. Tout l'enjeu du film est alors d'en apporter la preuve visuelle pour accélérer la prise de conscience. Prenant pour appui le procès intenté par Hulk Hogan à Gawker avec le soutien de Peter Thiel ainsi que la rhétorique anti-médias de Donald Trump et le rachat secret par une puissante famille locale d'un quotidien de Las Vegas, le documentaire de Brian Knappenberger pointe les menaces de plus en plus fortes qui pèsent sur la liberté de la presse aux États-Unis.

L'ensemble, comme écrasé par son enjeu, manque un peu de nuances. Ils sont jeunes, beaux, vivent sur la cote californienne et se baignent parfois dans de somptueuses piscines.

Mais bien sûr, il y a un loup, ou en l'occurence une louve qui vient perturber cette image idyllique. Entre teen drama et thriller, You Get Me maîtrise la mécanique qui entraîne ses personnages.

Dommage que ces derniers peinent à dépasser l'archétype. Un possible plaisir coupable de ce début d'été. Hiroyuki Seshita, , 1h Pour son tout premier anime japonais, Netflix a misé sur un manga signé Tsutomu Nihei, un auteur dont la plateforme a déjà adapté Knights of Sidonia en série originale. Le point de départ de l'histoire? Les humains ont été dépassés par les machines, qui ont pris le pouvoir dans des villes en constante expansion et en chassent les dernières communautés rebelles esseulées.

Une histoire de survie mâtinée de scènes d'action. Voir la bande-annonce Le Vieux qui ne voulait pas payer l'addition Felix et Mans Herngren, , 1h Petite incursion suédoise pour Netflix avec cette folle histoire d'un homme de ans détenteur de la recette secrète d'un soda soviétique qui, dans le scénario, a été enterré à la demande des États-Unis en l'échange du retrait des missiles Pershing.

Sauf que ce trésor caché fait des envieux. Derrière des personnages un peu patauds, une narration implacable qui rend l'ensemble plaisant. Il y a de grande chance pour que vous ne connaissiez pas Madalyn Murray O'Hair.

Un portrait habité sans flagornerie inutile. Soit l'histoire d'un touchant écrivain de carte postale au charme anachronique et à l'humour pince-sans-rire qui traîne sa lose en attendant de rebondir. Une comédie de personnage joyeusement désuète. Voir la bande-annonce David Brent: Life on the road Ricky Gervais, , 1h Le héros de The Office revient le temps d'un nouveau long métrage dans lequel Ricky Gervais aiguise un peu plus son sens du malaise.

Devenu simple employé, gagné par la solitude et le vide, habité par une lose qui devient presque une deuxième peau, son David Brent nous ferait presque davantage pleurer que rire. C'est peut-être là le génie de Ricky Gervais. Visuellement très réussi, ce film de science-fiction vient chasser sur les terres des plus modestes des super-héros, dans la lignée de Chronicle.

Adam Randall s'attache ici à un ado qui développe d'étranges pouvoirs après qu'un bout de son téléphone s'est logé dans son cerveau à la suite d'une rixe. La narration ne tient pas tout à fait le niveau de l'esthétique, mais l'ensemble se regarde avec plaisir, là encore comme une très belle promesse. Cette comédie aux tonalités presque stoner autour d'un duo de jeunes adultes vaguement losers déterminés pour l'un à quitter les États-Unis pour l'Amérique du Sud, pour l'autre à se rendre à un festival de musique, se démarque par une narration travaillée, découpée en saynètes qui bousculent la chronologie mais n'en n'emmènent pas moins nos personnages de catastrophe en catastrophe.

Les films produits par Netflix ne sont soumis à aucune classification équivalente à ceux produits pour le cinéma. Pourtant, quasiment aucun des cinéastes ne s'est pour l'heure réellement emparé de cette libérté. Ce thriller psychologique qui n'hésite pas ponctuellement à se jouer d'une esthétique horrifique permet d'une part de retrouver Vinessa Show loin de l'univers du Two Lovers de James Gray, d'autre part de frissonner devant les aventures de cette psy traumatisée confrontée à un drôle de patient.

Ultime film de Jonathan Demme, grand cinéaste de la musique, cette captation de la dernière tournée de Justin Timberlake s'ouvre modestement avec la présentation de chacun des participants au spectacle avant de coller au plus près, grâce à un savant montage, au show sophistiqué de l'acteur-chanteur-performer. S'il y a un domaine de la fiction que Netflix maîtrise, c'est bien le récit de faits divers. Toutefois, si on ne s'ennuie pas devant l'histoire de cette étudiante américaine prise dans une drôle d'affaire de meurtre de sa colocataire lors d'une année passée en Italie, Amanda Knox n'a pas la force magnétique d'autres fictions de la plateforme.

Voir la bande-annonce Extremis Dan Krauss, , 24 minutes. En fin de vie, quels choix adapter face à la mort? Ce court documentaire suit les débats qui animent deux familles de proches hospitalisés. Un questionnement touchant et difficile traité avec sensibilité. Un adolescent atteint d'une myopathie de Duchenne se lie d'amitié avec son aide soignant qui se remet tout juste de la mort de son fils. Un film plein de bons sentiments mais pas gnangnan, qui trouve une juste distance pour parler de la maladie et emmène sur sa route une poignée de personnages secondaires attachants.

Moins poétique qu'Ang Lee, Yuen Woo-Ping, chorégraphe de Kill Bill ou Matrix , apporte ici toute sa science du découpage pour de nombreuses scènes de combat très réussies dans des décors flamboyants. Le prétexte d'une lutte de pouvoir entre deux clans autour d'un sabre légendaire fascine moins.

Nina Simone, icône tragique. Une plongée fascinante dans le quotidien des enquêteurs de Human Rights Watch, en Syrie notamment pour documenter les crimes d'Assad, mais aussi en Libye. Un travail d'alerte essentiel dont on mesure la complexité au regard de l'importance des enjeux politiques. À travers trois figures touchantes, le documentaire sert de vibrant plaidoyer pour défendre un peu plus cette exigence de vérité et de justice. Ce documentaire sur le marché émergent de l'imprimante 3D juxtapose les visions concurrentes de plusieurs entrepreneurs pour mieux saisir les enjeux à la fois économiques et idéologiques qui ont cours dans la Silicon Valley.

Un éclairage incarné et passionnant. Bel hommage au combat de l'exploratrice sous-marine Sylvia Earle pour la sauvegarde de notre environnement. Un documentaire alternant images d'archive et beaux plans de la nature aussi irréprochable que son modèle. Cette nouvelle comédie indienne s'attache aux déboires d'un homme qui fuit l'échec de son mariage et de son commerce dans les bras d'une amante libérée. Mis sous pression par une accumulation de dettes, il décide de mettre en scène une fausse mort et de fuir.

Mais les ennuis ne font que commencer. Jouant dans un premier temps sur un humour plutôt grossier, Brij Mohan Amar Rahe! Ce film espagnol sur un trappeur qui, fatigué de sa solitude, se trouve une femme dans un village en contrebas de là où il vit tente de se démarquer par un travail d'épure: L'idée de ce thriller moderne était attirante sur le papier.

On s'imaginait déjà dans un escape game façon Cube. L'exécution en est très loin. Malgré une mise en scène très soignée et la présence de Maika Monroe, l'actrice principale d' It Follows , on peine à s'intéresser aux mésaventures de notre héroïne et à ses échanges avec la machine qui manquent cruellement d'un véritable enjeu.

Ce troisième film français à intégrer le pavillon Original en France est sans doute le plus inégal des trois. La faute à des dialogues pas toujours à la hauteur, une interprétation sur certaines scènes fragiles, un mélange des genres par moments infructueux. Après Je ne suis pas un homme facile , Les Goûts et les couleurs confirme toutefois la volonté de Netflix d'engager la comédie française sur un terrain plus politique et inclusif aussi bien devant que derrière la caméra.

Ici, la réalisatrice Myriam Aziza s'attaque aux conservatismes en tous genres à travers l'histoire de Simone convaincante Sarah Stern , une jeune femme issue d'une famille juive traditionnelle, en couple avec une autre femme depuis plusieurs années, qui cherche à faire son coming out auprès de ses parents. C'est à ce moment là qu'elle rencontre Wali, un chef sénégalais qui ne la laisse pas indifférente.

La voilà ballottée entre des sentiments contradictoires, prête à assumer enfin ce qu'elle ressent au risque de la confusion. Cette quête d'une vérité et d'une liberté filmée au plus près des corps et des visages est la partie la plus convaincante du film. Les Goûts et les couleurs pointe bien la difficulté de lutter contre ses propres préjugés, d'expérimenter le monde en évitant de poser trop d'étiquettes sur les choses, de s'affranchir des attentes de ses origines. Simone et Wali y sont dépeints avec nuance, défiant les représentations stéréotypées qu'offre en général ce type de protagonistes, via notamment leur rapport à la nourriture.

Dommage qu'à cette fine ligne s'en superpose une seconde, propre à tous les personnages secondaires, où les clichés grossiers sont assumés pour servir de ressorts comiques au risque de saper la première.

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